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Martelly : après la double nationalité, l’affaire dite de la double identité - par : lenouvelliste.com

mardi 13 mars 2012 par Administrator

Une révélation du sénateur Youri Latortue sur la carte de résidence américaine émise au nom de Michael Martelly met de l’eau au moulin des membres de la commission d’enquête sénatoriale sur la nationalité du chef de l’Etat.

Haïti : La sagesse du sénateur Nènèl Cassy et la fougue de son collègue Moïse Jean-Charles ne se heurtent pas dans l’enquête ouverte sur la probable nationalité américaine de celui qui a accédé à la magistrature suprême au nom de Michel Joseph Martelly. Les huit passeports du chef de l’Etat acheminés, il y a quatre jours, au Sénat sont toujours gardés par la commission dans l’attente de la carte de résidence américaine qui serait au nom de Michael Martelly. « Ce n’est pas une condition sine qua non pour remettre les passeports, mais la carte de résidence peut nous aider dans le cadre de l’enquête en cours », a calmé le sénateur Nènèl Cassy, membre de la commission d’enquête. Nous considérons comme documents de voyage, a ajouté le sénateur des Nippes, les passeports, manifestes et carte de résidence qui parraissent être utiles à l’avancement de l’enquête.

Le président Michel Martelly, selon l’ambassadeur des Etats-Unis en Haïti, Kenneth Merten, a volontairement remis, le 2 mai 2011, la carte de résidence américaine qu’il avait en sa possession. Cette carte avait été émise au nom de Michael Martelly, a précisé le sénateur Youri Latortue, qui a démissionné de la commission d’enquête spéciale, écoeuré par des comportements malveillants de ses collègues commissaires.

La précision du chef de file d’Ayiti An Aksyon n’a pas la vertu de clore l’enquête qui pourrait déboucher sur la mise en accusation du chef de l’Etat. Au contraire, elle met de l’eau au moulin de la commission présidée par le sénateur Moïse Jean-Charles. « Mgr Pierre-André Dumas - dirigeant de la plateforme Religions pour la paix - a reformulé la demande de la copie de la carte de résidence auprès du palais national et on lui a demandé d’attendre encore. Nous aussi, nous attendons », a déclaré le sénateur-accusateur. Le parlementaire du Nord est persuadé que le chef de l’Etat fonctionne avec une double identité.

Le président de la commission dit avoir relevé une anomalie dans l’un des huit passeports soumis par Michel Joseph Martelly qu’il passe au crible. « L’un des passeports a été émis sur une durée de douze ans, soit de 1981 à 1993 », a indiqué Moïse Jean-Charles, qui aurait, dit-il, besoin de l’expertise d’un criminologue pour l’aider dans l’analyse des documents de voyage de Martelly. En attendant, le sénateur prédit des arrestations à l’Immigration haïtienne, conséquence d’un sceau apposé le 21 novembre 2007 sur le passeport de Michel Joseph Martelly. Ce sceau, estime-t-il, est en contradiction avec les archives de la direction de l’Immigration et de l’Emigration qui n’ont aucune trace d’un voyage de Martelly aux États-Unis à la date indiquée.

Le démenti formel de l’ambassadeur des États-Unis, Kenneth Merten, sur la nationalité américaine de Martelly fait encore des vagues au Parlement. « L’ambassadeur a-t-il l’autorisation du Département d’Etat pour répondre à la question de Martelly sur sa nationalité ? », s’interroge le sénateur Nènèl Cassy. « Cette intervention n’est-elle pas émaillée d’ingérence dans les affaires internes du pays ? » Chose évidente, estime-t-il, l’intervention au palais national de l’ambassadeur Merten a ses bons et mauvais côtés. « La commission, maintenant, peut faire une demande formelle auprès de l’ambassadeur pour préciser si Michel Joseph Martelly n’a jamais renoncé à sa nationalité haïtienne », a indiqué le secrétaire-rapporteur de la commission d’enquête spéciale.

Sénateurs menacés de poursuites

En conférence des présidents (des commissions permanentes), le Sénat a rappelé à l’ordre deux de ses membres, notamment Joseph Lambert et Steven Benoît, pour « excès de langage ». L’annonce a été faite lundi par le président du Grand Corps, Simon Dieuseul Desras. Les deux sénateurs sont dans le viseur du commissaire du gouvernement de Port-au-Prince, Jean Renel Sénatus. Le chef du parquet a sollicité du ministre de la Justice et de la Sécurité publique, Pierre Michel Brunache, qu’il écrive au Sénat de la République pour requérir la levée de l’immunité des sénateurs Joseph Lambert et Steven Benoît et les mettre à la disposition de la justice. « Personne n’est au-dessus de la loi », a clamé M. Sénatus.

Une fin de non - recevoir évidente attend la demande du commissaire du gouvernement au Sénat. « Est-ce que nous devons recevoir la demande d’un ministre démissionnaire ? », s’interroge le président du Grand Corps, Simon Dieuseul Desras. La lettre du ministre de la Justice, a-t-il confirmé, n’est pas encore arrivée à mon bureau. « Nous n’attendons pas une simple lettre, mais un dossier contenant des procès-verbaux des dégâts causés par les déclarations des sénateurs et les plaintes déposées au parquet », a fait savoir le sénateur Desras. Le commissaire du gouvernement, a estimé le président du Sénat, doit enquêter sur la moralité et les liens des plaignants.

Le président du Sénat met en garde ses collègues contre la démarche du chef du parquet de Port-au-Prince. « Il y va de la responsabilité d’un sénateur qui répond à une invitation du commissaire du gouvernement, a martelé Desras. Le Sénat est un pouvoir. »

Les sénateurs Lambert et Benoît, quant à eux, devront fournir des explications au commissaire du gouvernement sur le « kouri » annoncé dans le pays le jeudi 8 mars 2012. « Pral gen yon kouri nan pwochen 48è yo » (il va y avoir des troubles dans le pays dans les prochaines 48 heures », avait lancé le sénateur Lambert Joseph lors d’une conférence de presse pour annoncer son retrait de la commission d’enquête sur la nationalité du président de la République, des ministres et secrétaires d’Etat. L’annonce reprise à sa manière par le sénateur Steven Benoît a perturbé les esprits dans la capitale haïtienne, à commencer par le Parlement. Au lendemain de la panique, le sénateur Benoît a tenu à présenter des excuses publiques à la population pour avoir demandé aux citoyens de rentrer chez eux en prévision d’éventuelles turbulences.

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Claude Gilles et Danio Darius








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