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La politique autrement - par : Hans Tippenhauer

dimanche 15 août 2010 par William Toussaint

La politique autrement

by Hans Tippenhauer

Il est vrai que la bourgeoisie doit s’immiscer beaucoup plus dans les affaires de notre pays, mais il est aussi vrai qu’il nous faut ensemble repenser ce pays et oublier nos vieux clichés, nos préjugés et surtout changer de comportement dans notre façon de faire de la politique. Quoiqu’on dise de cette bourgeoisie, je pense sincèrement que malgré ses nombreuses erreurs, elle a longtemps contribuée à l’avancement du pays. Il y a longtemps que nous nous impliquons dans la vie Haïtienne, et que nous faisons de la politique autrement. C’est cette bourgeoisie qui a investi ses capitaux et donné des emplois depuis longtemps. Mais surtout, il ne faut pas oublier combien de professeurs sont sortis de cette classe et ont travaillé au progrès de leurs frères et sœurs.

Rien que dans ma famille que je prendrai en exemple comme une parmi tant d’autres, mon grand père Harry Tippenhauer a fondé en 1934 la première école secondaire non congréganiste ou publique dans le pays, l’Institut Tippenhauer, qui a formé bien des générations, sans oublier son engagement constant à la faculté des Sciences en tant que Professeur de Béton armé. Ma grand-mère de son côté Maude Hudicourt, a créé une des premières écoles de filles et pensionnat moderne à Port-au-Prince, L’Ecole Nouvelle, première à avoir employé la méthode Montessori. Ma tante Jacqueline Turian a formé des générations entières d’enfants à l’école Maternelle en inventant la méthode de Lecture Ti Malice, utilisée jusqu’à présent et avec qui des millions d’enfants haïtiens ont appris à lire et écrire. Mon père lui-même est un des membres fondateurs de la société Educat qui devait aider à mettre sur pied l’Université Quisqueya, et qui est encore membre du haut Conseil de cette université. C’est grâce à cela que moi, votre serviteur, je pu participer à la création et mise sur pied du département de Génie Industriel et y ai enseigné des années durant. Je m’arrête là pour ne pas faire un trop long étalage, mais j’aurais encore beaucoup de membres de ma famille à citer parmi les Tippenhauer, les Desvarieux, les Hudicourt, qui se sont mis des générations durant au service de leur pays et continuent à le faire parce que nous croyons dur comme fer que l’éducation est le seul moyen de sortir ce pays de l’ornière où il se trouve, en mettant à profit la ressource la plus abondante que nous avons aujourd’hui jusqu’à preuve du contraire, c’est dire nos bras et nos cerveaux.

Cependant nous sommes conscients que ceci n’est pas suffisant, et c’est aussi dommage qu’avec les années les classes bourgeoises se soient plutôt concentrés sur leurs affaires personnelles, se sentant mises à l’écart par les discours politiques et les nombreuses persécutions subies, accompagnées de l’injonction "ne faites pas de politique", sujet sur lequel nous reviendrons un peu plus tard. Car malgré tout nous avons participés à toutes les révolutions, et parmi les nombreux camoquins qui ont essayés à chaque fois de délivrer le pays de ses dictateurs-détracteurs, il y a toujours eu une majorité venant de cette classe, et ceci l’histoire semble l’oublier malheureusement. Nombreux sont aussi les fils et filles de cette bourgeoisie décriée qui ont fini sous les balles assassines ou dans les cachots de nos prisons, nous obligeant au silence, nous transformant en cette grande majorité silencieuse qui aujourd’hui ne sait plus à quel saint se vouer pour sauver le pays. Ils sont nombreux les fils de cette classe qui jadis faisaient de la politique, quand nous avions encore des Tribuns de la trempe d’un Emile Saint-Lot ou d’un Max Hudicourt qui mobilisaient des foules au parlement, du temps où nous avions encore des débats parlementaires de haut niveau. Ce sont en fait les mêmes éléments de cette classe qui devait proposer le vote des femmes, grâce a la ligue féminine d’actions sociale, et autres actions. Mais que faisons-nous aujourd’hui ? Devons-nous vraiment chercher à faire de la politique dans un pays où cette fonction, qui devrait être la plus noble et la plus altruiste, et représentée un couronnement de carrière, a au contraire perdu tout prestige. Pourquoi vouloir rentrer dans un jeu de dupes et de mensonges incessants ?

Ayant côtoyé de près beaucoup d’éléments de la classe politique je dois avouer que je suis déçu de leurs inconsistances et de leur fourberie. Le respect de la parole donnée et la transcendance ne sont plus parmi leurs qualités, et la plupart n’arrivent même pas à penser pays vraiment, tant ils sont obnubilés par la quête du pouvoir. C’est dommage mais je dois avouer que les politiciens les plus honnêtes ne sont jamais adulés, et je prendrai en exemple feu Hubert Deronceray, de regretté mémoire, qui a tant milité dans la politique Haïtienne et pour la jeunesse de ce pays, sans récolter beaucoup de gloire et de reconnaissance pour son dur labeur. Serait-ce que notre pays a perdu son sens des valeurs et ne sait pas reconnaître ses vrais leaders ? Où serait ce que nous devons tous comprendre que notre nation n’est pas encore fondée, comme beaucoup le répètent, car nous devons finalement prendre le temps de mettre sur la table les vrais problèmes, ceux qui ne rapportent pas d’argent immédiat, qui représentent des tabous, et que nous préférons cacher au lieu de venir avec des solutions véritables. Quand allons-nous parler de la servitude dans notre pays, du phénomènes des restaveks, des viols et vols d’enfants, du manque d’accès aux besoins de base, de la faillite de notre état à tous ses niveaux, de la malhonnêteté dans toutes les classes de notre société haïtienne, toujours à la recherche de l’argent facile, contractant des emprunts que personne ne veut ensuite honorer, faisant étalage de la richesse mais non de la connaissance, et n’ayant pas peur de s’engager dans des activités illicites.

Les vrais problèmes du pays ne sont pas seulement politiques, ils sont aussi et surtout sociaux, et c’est dommage que nous n’ayons pas la force de nous asseoir les uns en face des autres pour en discuter à fond. C’est pourtant la seule issue pour guérir ce mal qui nous ronge depuis la fondation de la nation Haïtienne, ces Etats Généraux que nous aurions dû réaliser il y a de cela plus de 200 ans et qui ne se sont jamais fait. Commençons par en discuter, réalisons les, et ensuite quand tout les haïtiens d’ici et d’ailleurs se sentiront parti prenante d’un même destin, d’un même plan, on se rendra bien compte que la Politique de classe ou de couleur n’est rien que ca, une invention de politiciens habiles pour corrompre les masses, car nous voulons tous sincèrement le bien de notre pays, et la refonte de ses systèmes de politique et de gouvernement.








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