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Arrêtons la plaisanterie ! - Par : Jean Erich René

dimanche 26 avril 2009 par Erich Jean René

Arrêtons la plaisanterie ! - Par : Jean Erich René

Un budget est utile et opérationnel si les observations mentionnées
concordent avec la réalité. Si les plans chiffrés sont montés de manière
purement arbitraire, l’observé statistique ne saurait fournir une
explication satisfaisante de la problématique. Au contraire il offre une
vue fantasmagorique et dangereuse. En Haïti une sécheresse intellectuelle
paralysante porte nos responsables financiers à reconduire chaque année le
même budget sur une base purement forfaitaire en soulevant nos suspicions.
On ne suit aucun protocole de mesures susceptibles d’épouser les
complexités de la nouvelle situation économique et sociale d’Haïti, d’une
année à l’autre, malgré la récession économique. La variation des prix des
produits locaux et des échanges internationaux n’est pas prise en compte.
La médiocrité de la collecte des données est une source regrettable
d’erreurs pour l’évaluation de nos valeurs marchandes, nos prévisions
d’entrée et par voie de conséquence l’anticipation de nos dépenses.

Nous avalons, sans aucune mastication, les propositions de Paul Collier
pour la croissance économique d’Haïti. Pourtant ses vecteurs loin d’être
valides, concourent à la négation de la spécificité des faits. Une telle
masturbation intellectuelle n’a aucune signification et va nous enliser
davantage dans les ornières du sous-développement. Sans des indicateurs
fiables, il est impossible d’échelonner notre niveau de développement dans
le temps. L’échec ou le succès économique d’un Gouvernement a comme mesure
le PIB ou Produit Intérieur Brut. Qu’on se le tienne pour dit :
L’établissement des zones franches n’est pas porteur de croissance
économique pour Haïti. Ce n’est qu’un pis aller !

Sous les conseils intéressés de Paul collier l’implantation de 21 ZONES
FRANCHES, va transformer Haïti en un vaste chantier de production à bon
marché. De connivence avec les Gouvernements locaux, Hope II compte obtenir
dans la Caraïbe un maximum de production pour un coût minimum. Sous
prétexte d’augmenter le nombre d’emplois les zones franches bénéficient
d’avantages fiscaux extraordinaires et privent les caisses publiques de
revenus substantiels. La syndicalisation n’est pas permise. Les cahiers de
revendications sont sans appel même devant l’OIT ou Organisation
Internationale du Travail. Les salaires distribués sont lilliputiens. Au
Nicaragua dans les zones franches on ne paie que 480 còrdobas (monnaie
nationale) par mois soit 53 dollars US. Un pyjama Pocahontas vendu à 70
dollars aux USA ne coûte que 7 dollars en Haïti. Selon le reportage de
Angelica Lopez et Pieter Van Eecke, la Compagnie de Développement
Industriel (CODEVI ) installée dans une zone franche de Ouanaminthe et qui
travaille pour les multinationales telles que : Levi’s, Walt Disney et
bientôt Adidas, paie 50 dollars par mois aux ouvriers. Chaque jean
confectionné en Haïti, au coût de 5 dollars l’unité, est vendu sur le
marché international au prix de 50 dollars soit le montant du salaire
mensuel de l’ouvrier qui littéralement travaille pour un pantalon par mois.
Pour toute vérification avec des illustrations à l’appui, cliquez sur ce
lien : http://www.alterpresse.org/spip.php?article6403

Paul Collier avec son plan économique nous entraîne dans une entreprise
périlleuse. Le paysage social et politique d’Haïti va subir de grandes
transformations. L’Oncle Sam n’est ni Noir ni Blanc, il a la couleur du
dollar américain. Les Zones Franches représentent le sacrifice consenti à
l’insu du peuple pour sauvegarder le pouvoir. L’intérêt général est
sacrifié au profit des ambitions politiques personnelles. Avec les
compromis tout est permis, même les élections bidon. Paul Collier vient
d’ouvrir une porte de sortie à l’Économie américaine, embourbée
particulièrement au Vénézuéla et dans les pays andins. Se pa nou ki sou do
bèf la. Se li ki sou do nou !

Le défi chinois et la témérité de l’Iran inquiètent la Maison Blanche.
L’inclusion d’Haïti et de Cuba compensera les pertes enregistrées et sa
concurrence avec la Chine, actuellement la quatrième Puissance économique
du Monde. Des 324 millions de dollars accordés à Haïti, pas un sou ne sera
remis au Gouvernement. Ce montant servira à implanter les structures
d’accueil des Zones Franches telles que : routes, eau, électricité,
télécommunication, transports publics etc. Le Sommet des Amériques à
Trinidad Tobago vient parer la voie au nouveau modèle économique conçu pour
corriger dans la Caraïbe la crise économique de certains Grands Pays ou G
vains.

Le ministre des Finances Daniel Dorsainvil a choisi la voix de la facilité
en tentant de grever davantage d’impôt les usagers du téléphone cellulaire.
Le taux de croissance des recettes fiscales rêvées pour équilibrer son
budget ne sera pas atteint. Toute initiative de développement durable doit
nécessairement tenir compte des relations inter dynamiques des agrégats
nationaux dans l’évolution du taux de croissance. Pour une mise en forme
conceptuelle de la politique à adopter en vue d’une augmentation du taux
de croissance du PIB, mettons en évidence l’apport de chaque secteur
d’activité en pourcentage de la production totale.

Agriculture, Sylv. Elev, et Pêches…….23, 39 %f
Industries Extractives………………….. 0,12 %
Industries Manufacturières……………...7,51 %
Électricité et Eau………………………..0,37 %
Bâtiments et Travaux Publics…………..7,92 %
Com., Restaurants et Hôtels…………..28,23 %
Transports et Communications………...7, 05 %
Autres Services Marchands…………..12, 06 %
Services non Marchands……………...11,05 %
Impôts moins subventions……………..7,51 %
Branche fictive………………………..-5,21 %
Total………………………………....100,00 %

L’analyse du ratio de chaque secteur d’activité par rapport au PIB met en
évidence en première ligne :
1.- Com., Restaurants et Hôtels……………28,23 %
2.- Agriculture, Sylv. Elev, et Pêches..…….23, 39 %

Ce sont ces filières qu’il faut exploiter. En effet, grâce à ses vocations
touristiques et agricoles confirmées par ses sites historiques, ses plages,
son climat tropical, ces deux secteurs sont des leviers de la croissance
économique d’Haïti. Nous n’avons vraiment pas besoin de quêter 125 millions
de dollars à Washington pour combler nos déficits budgétaires. La pêche
miraculeuse de Jésus, est possible en Haïti grâce au Gulf Stream. En un
laps de temps, le score dans le secteur des pêches augmentera. La force de
ce courant marin peut actionner des turbines capable d’électrifier l’île
d’Haïti. L’hydrolienne nous conduira vers des sommets insoupçonnés. Point
n’est besoin d’écouter les oracles des magiciens du FMI qui prédisent une
croissance de 1% en 2009 et de 2% en 2010 pour Haïti sans nous dire
comment. Il y a un mois, ils prophétisaient l’apocalypse.

L’exit IMPOT choisi par le ministre des Finances, dans une logique de
paresseux, est plus expéditif mais l’assiette fiscale sera plus élargie par
l’augmentation de notre production agricole et le développement de
l’industrie de la pêche. Quand aux Zones Franches, elles n’ont aucun
impact sur la croissance de notre PIB. Ces périmètres géographiques,
connus sous le nom de maquiladoras au Mexique et en Amérique Latine, sont
affranchis des taxes douanières. Au niveau des Comptes nationaux, leurs
productions ne peuvent pas figurer dans le secteur des Industries
Manufacturières puisque nous n’allons rien en tirer, sinon que les maigres
salaires versés. L’opération augmentation de la taxe sur le téléphone
cellulaire et la pilule dorée de Paul Collier n’auront pas les effets
escomptés. La croissance ne sera pas au rendez-vous. Arrêtons la
plaisanterie !








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