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Deux cabèches - Par : Jean Erich René

lundi 16 mars 2009 par Erich Jean René

Deux cabèches - Par : Jean Erich René

Ottawa, 15 mars 2009

« L’homme d’action est celui qui, en une conjoncture singulière et unique,
choisit en fonction de ses valeurs et introduit dans le réseau du
déterminisme un fait nouveau. » Weber Max, (Le savant et le politique p.10)

Il est un fait certain que les ressources intellectuelles du 55e Président
d’Haïti sont minces. Cependant il se précipite avec justesse dans le cours
des événements. La République d’Haïti, suite à la décision formelle du CEP
d’exclure de la liste les candidats de La Fanmi Lavalas, menace d’échouer
sous le poids de la violence. Face à cette triste perspective la Communauté
Internationale s’inquiète de l’absence totale de l’Etat. Deux messagers ont
été dépêchés sur place pour limiter les dégâts. En effet, Ban Ki-moon et
Bill Clinton ont engagé un dialogue serré avec le locataire du Palais
National en brossant le triste tableau de la crise financière mondiale et
ses retombées néfastes sur l’économie haïtienne. Le spectre grimaçant de la
misère avec son cortège de malheurs était au menu du jour.

« Que comptez-vous faire de tous vos compatriotes de la diaspora qui
brûlent du désir de retourner en Haïti ? » demanda Bill Clinton. Il faut
des hommes compétents pour le développement économique d’Haïti or l’Espoir
n’a fait preuve d’aucune expertise. Jusqu’à présent il ne dispose d’aucun
programme de développement. Le budget est encore en souffrance. Toutes les
ressources humaines du pays ont été chassées suite à cette politique du
nivellement par le bas en application depuis 20 ans. Un véritable scénario
hollywoodien, à couper le souffle, se déroule actuellement sur le théâtre
politique haïtien. Le Président René Préval fait preuve d’une souplesse
déconcertante face à la pression des deux émissaires de l’ONU. Comme le
roseau, il plie mais ne rompt pas. En dépit de la détermination de Lavalas
de réintégrer les élections sénatoriales du 19 avril, le CEP, sous son
diktat, maintient encore sa décision :Lavalas pa ladan l. Pourquoi ?

La Théorie de la Causalité Historique, fondée sur des calculs rétrospectifs
de probabilité nous emmène à une analyse constitutive de l’échiquier
politique haïtien pour les prochains jours. En filigrane se détache
l’impossibilité de la réalisation des élections du 19 avril 2009 pour les
raisons suivantes :

1. sur le plan purement légal, la liste électorale doit être publiée 60
jours à l’avance. Vu le délai imparti, d’ores et déjà le forfait est évident
2. les manifestations du 8 mars 2009 de La Fanmi Lavalas qui se considère
comme le Parti le plus populaire, annoncent clairement un chambardement
social culminant vers un blocage des urnes.

Les dieux sont multiples mais les luttes entre frères ennemis sont les plus
destructrices et les plus regrettables. Dans la logique de Préval, ce
déraillement est souhaitable, puisqu’il tombe en adéquation avec son projet
de faire une seule élection au mois de novembre de l’année prochaine pour
renouveler :

1. au niveau de la Chambre Haute, l’autre tiers du Sénat
2. au niveau de la Chambre Basse, l’ensemble des Députés
3. au niveau des collectivités territoriales, les municipalités communales
et rurales

Arithmétiquement, ce calcul purement élémentaire du Président René Préval
laisse augurer qu’il ne restera que 11 Sénateurs au Palais Législatif.
Faute du quorum de 2/3 de ses membres qu’exige la Constitution, le Sénat
deviendra dysfonctionnel.

ARTICLE 116 :
Aucune des deux (2) Chambres ne peut siéger, ni prendre une résolution sans
la présence de la majorité de ses membres.

Avec la caducité du Sénat, le Président René Préval atteindra son objectif
de diriger le pays par décret. Il profitera de l’anxiété causée par la
fièvre préélectorale pour porter les parlementaires avides d’être réélus à
voter avant leur départ, moyennant de juteuses promesses, l’amendement
constitutionnel assurant le mécanisme automatique de la réitération du
mandat présidentiel ad libitum. En politique les conséquences de l’action
ne sont pas rigoureusement prévisibles. La dynamique politique actionnée
par René Préval pour séquestrer le pouvoir, rencontre un nouvel obstacle.
Avec l’arrivée des émissaires, Bill Clinton et Ban Ki-moon, suivie de la
délégation du Conseil de Sécurité de l’ONU, la relation immanente aux
nouvelles données et aux calculs politiciens de René Préval, accuse un
grand écart.

L’arrestation du chauffeur du Président du CEP par les soldats de la
MINUSTAH et la contestation de Pharès Pierre comme Commissaire à
l’Immigration au Canada, à cause de son passé lavalassien, invitent à une
nouvelle intelligibilité du scénario politique haïtien. Le nouveau schéma
réclame un partenariat entre la Communauté internationale et Haïti. De
manière objective il s’agit d’une souveraineté partagée. Déjà le contrôle
du processus électoral échappe au CEP de Préval. Cette prise de position de
la Communauté Internationale vise à poser une barrière à l’entrée du Palais
Législatif aux narcotrafiquants qui cherchent l’impunité dans l’immunité
parlementaire. Outre la question relative au statut de la diaspora
haïtienne en exil, Bill Clinton a annoncé à Préval qu’il est porteur d’une
mauvaise nouvelle mais il échet à l’Ambassadeur américain de lui en faire
part. La Cour de Justice américaine a entendu tous les témoins impliqués
dans le trafic de la drogue en Haïti. Le jour du jugement est proche. Des
deux cotés le mal va mal finir : deux cabèches.








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