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Edmonde Beauzile : femme de trois législatures ! - par : Eddy Laguerre

jeudi 29 décembre 2011 par Administrator

Les 45e, 48e et 49e législatures auront connu la bravoure et la sage vigueur de cette femme habituée aux grands risques et aux grandes victoires. Edmonde Beauzile ancienne, députée du Panpra (Parti nationaliste progressiste révolutionnaire haïtie

Les 45e, 48e et 49e législatures auront connu la bravoure et la sage vigueur de cette femme habituée aux grands risques et aux grandes victoires. Edmonde Beauzile ancienne, députée du Panpra (Parti nationaliste progressiste révolutionnaire haïtien) en 1991, boucle aujourd’hui au Sénat un mandat de six ans qui l’a mise à cheval sur deux législatures. Et comme si son étonnante carrière de femme politique ne suffisait pas encore à son honneur, Mme Beauzile vient de gagner haut la main les élections internes de la Fusion, transformées en une acclamation qui la fait devenir présidente de ce parti social-démocrate.

Spécialiste en éducation, Edmonde Beauzile détient une maîtrise de l’université de Montréal qu’elle a acquise dans un contexte bien particulier. En 1992, quand elle a obtenu cette bourse d’étude, des professeurs canadiens sont venus en Haïti pour commencer les cours avec les boursiers. Edmonde a pu donc extraordinairement jongler entre des statuts qui allaient difficilement de pair : étudiante en droit et en sciences de l’éducation, députée en fonction et femme enceinte. En même temps ! Elle était donc enceinte en étant députée du bloc minoritaire dans un contexte post-coup d’État, marqué par des attaques et intimidations de toutes sortes dirigées contre des parlementaires.

La 45e législature : la porte du danger

La 45e législature était une législature toute particulière où des parlementaires ont souvent été battus par des militants massés aux abords du palais législatif. Edmonde Beauzile se souvient de cette bastonnade reçue par son collègue député, Josué Lafrance, à l’entrée du Parlement qu’elle venait tout juste de laisser. Elle se souvient aussi de cette houleuse séance où ils devaient statuer sur le choix d’un Premier ministre pendant l’exil du président Jean-Bertrand Aristide. Il était question de permettre qu’un chef du gouvernement prenne la direction du pays en gardant à son poste le président exilé. Des militants du Fraph ont alors manifesté et la députée Beauzile a dû changer de vêtements pour laisser le Parlement en se faufilant dans la foule. « Avant de sortir, j’ai regardé par la fenêtre et j’ai vu un activiste pointer son arme sur la tête du député Delpé, qui était comme moi du bloc minoritaire », raconte Mme Beauzile écœurée par ses noirs moments de notre histoire.

D’autres souvenirs sombres retenus de son expérience à la 45e est cette séance d’interpellation du Premier ministre René Préval pendant les sept premiers mois du président Jean-Bertrand Aristide arrivé au pouvoir après les élections du 16 décembre 1990. « En laissant ma maison, j’ai dit un dernier au revoir à mon mari, puisqu’il était bruit que des militants allaient tuer les parlementaires hostiles au gouvernement. » La députée de Belladère a dû braver ce danger et rester solidaire de ses collègues du fameux Groupe des dix formant le bloc socialiste mené par le député Duly Brutus du Limbé.

Edmonde Beauzile reconnaît cependant qu’en dépit des points sombres, la 45e législature l’a fait mûrir politiquement. « Je me souviens avoir reçu un coup de poing au sein gauche de la part de mon collègue Remain Emmanuel qui soutenait les actions de l’armée pendant l’embargo », se souvient l’ancienne députée. Elle se félicite toutefois que cette législature ait pu voter la loi créant la Police nationale en 1994 avant de statuer sur la loi électorale pour les élections de 1995. Elle est donc sortie vivante de cette chambre basse aux couleurs de sang et aux parvis intimidants.

Retour à l’éducation, en route vers le Sénat

À l’expiration de son mandat de députée, Edmonde Beauzile qui était déjà membre du directoire du Panpra a réorganisé ses forces pour participer aux prochaines élections. « Mais c’était plutôt une sélection faite à volonté par l’Organisation politique lavalas. Ils ont choisi eux-mêmes les élus et pour Pranpra ils ont voulu négocier avec nous pour garder deux candidats, dont moi-même, mais nous avons refusé », nous raconte cette femme soupirant après l’avènement d’une vraie démocratie en Haïti. Elle n’était donc pas réélue pour la 46e législature.

Edmonde Beauzile reprend alors sa vie de spécialiste en éducation. Pendant trois ans, elle travaille dans l’Artibonite comme responsable de programme pour une organisation française. Elle se met ensuite au service de l’Unicef pour encore trois ans avant de trouver contrat avec l’Agence canadienne pour le développement international (ACDI). Elle devient coordinatrice de la Commission épiscopale pour l’éducation catholique, et c’était son dernier poste dans ce domaine. Elle passe donc au total neuf ans en dehors du monde politique, mais est restée très proche du secteur éducatif haïtien.

À partir de 2002, Edmonde Beauzile reprend sa place au sein du Panpra. Plusieurs partis de même tendance cherchaient alors à se liguer pour former une grande plateforme qui réunirait tous ceux qui sont de tendance social-démocrate. Six partis ont entamé entre eux une série de dialogues : Conacom, Panpra, Ayiti Kapab, Génération 2004, Kid et OPL. En cours de route, trois partis ont laissé la table de discussions et trois autres sont restés pour former la « Fusion des sociaux-démocrates » : Conacom, Panpra, Ayiti Kapab.

Le 22 avril 2005, c’était la rencontre de dissolution de ces trois partis et du 23 au 25 avril la Fusion a tenu son premier grand congrès. Aux élections générales de 2006, ce nouveau parti propose trois candidats au Sénat pour le département du Centre, un seul est élu : Edmonde Beauzile. L’ancienne députée fait alors son entrée au Grand Corps après une campagne électorale « paisible et sereine », pour répéter ses propres mots. Elle salue l’intégrité de ce Conseil électoral provisoire ayant organisé les élections de 2006.

La 48e législature : nouveau champ de bataille

Charriant sa longue expérience dans l’activité parlementaire, la sénatrice Beauzile se distingue immédiatement au sein de ce corps où son parti et ses alliés étaient minoritaires. Vice-présidente du bureau du Sénat et vice-présidente de la commission Éducation, elle a proposé la loi-cadre sur le système éducatif haïtien. Sur ce point, elle salue les efforts de son collègue Yvon Bussereth qui, président de la commission Éducation, a largement aidé à l’élaboration de ce document, fruit de quatre forums départementaux sur l’éducation.

Lire l’article au complet sur : Lematinhaiti.com

Eddy Laguerre

edgu85@yahoo.fr








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