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Haïti : faire valoir les droits des paysans - par : Yves Therrien, Le Soleil

dimanche 5 septembre 2010 par Administrator

Haïti) Basé dans de nouveaux locaux à Port-au-Prince, l’Institut culturel Karl-Lévêque oeuvre principalement dans les milieux ruraux auprès des fédérations et des associations de paysans, pour élever les consciences afin que chaque homme et chaque femme fassent valoir ses droits fondamentaux. Près de 30 000 personnes, principalement dans le nord-ouest, le sud et le sud-est du pays, sont touchées par les formations de l’institut.


Marc-Arthur Fils-Aimé, le directeur de l’Institut culturel Karl-Lévêque

D’abord un lieu d’échange et d’analyse des enjeux sociaux et économiques, l’ICKL publie un journal au rythme de quatre ou cinq numéros par année sous le nom Kontak Populè, en français et en créole. Les articles font état des luttes sur le terrain et des travaux menés dans les régions, en même temps qu’un partage des expériences. Des conférences thématiques dont les allocutions sont publiées sur papier et sur le site Web de l’ICKL.

C’est aussi l’université populaire regroupant des jeunes de l’université de l’État, des paysans et des intellectuels pendant quelques jours autour de thèmes sociaux et politiques. À cause du séisme, les rencontres prévues en juillet ont lieu du 29 août au 9 septembre. On y aborde les prochaines élections comme moment de crise et de transformation sociale. Les participants se demanderont si Haïti est un pays sous-développé, un pays retardé ou un pays appauvri.

« C’est un moment où les gens des différentes associations apprennent les uns des autres, raconte Marc-Arthur Fils-Aimé, directeur de l’ICKL. Et il est toujours intéressant d’entendre des paysans analphabètes faire des réflexions qui étonnent les étudiants et toute l’assemblée. Si nous avons ces conférences, c’est qu’il y a un déficit de débat dans l’espace public. Le peuple doit prendre la parole, faire valoir ses idées pour sortir le pays de son état de crise. »

Outre les débats, l’autre grand programme de l’ICKL porte sur l’appui aux paysans dans leurs revendications. « Nous avons des activités de formation des dirigeants et des animateurs », précise Guy Numa, coordonnateur des projets d’appui à la base. « Nous les amenons à identifier les problèmes touchant la santé, l’éducation, la mise en marché de leur produit. Ils réfléchissent sur les solutions à apporter pour le mieux-être de la communauté. » Ces réflexions, ajoute Marc-Arthur Fils-Aimé, mènent à trouver des solutions à long terme en travaillant non seulement sur le symptôme, mais sur la source. Souvent, il faut faire pression sur les élus locaux pour que les choses avancent et que des solutions globales soient mises de l’avant. « L’appui à la base, affirme-t-il, sert à consolider les réseaux et à renforcer la solidarité. »

Un autre programme touche l’économie sociale et les droits humains. « Ça commence par la formation sur les droits humains », explique Raoul Vital, coordonnateur de projet. « Il y a de la formation sur les droits civils, les droits et devoirs des élus. Les activités sont conçues en fonction des besoins exprimés par les organisations de base. Ça peut toucher des sujets comme la culture maraîchère, le microcrédit, l’élevage. »

À la radio

Afin d’assurer une plus grande présence publique, l’ICKL passe par les radios communautaires en leur proposant des émissions toutes prêtes. « Les radios communautaires ont un rôle important à jouer dans les communautés », ajoute Carmelle Fils-Aimé, coordonnatrice de projet. « Ce sont des outils de développement social très dépendants du financement externe. Nous les aidons à produire des activités d’autofinancement en économie sociale et solidaire. » L’émission se nomme 4 zye kontré en créole, ou « Rencontre entre quatre yeux ».

« Le secteur de la recherche est le moins soutenu par les bailleurs de fonds parce que les enquêtes sociologiques et les rapports d’analyses sont moins visibles sur le terrain que les constructions d’un bâtiment, déplore Marc-Arthur Fils-Aimé. Ce sont ses recherches qui permettent d’établir les bases pour aller plus loin dans les actions des mouvements populaires. » Après le séisme, l’ICKL a tout perdu, notamment sa bibliothèque et ses recherches des dernières années. Mais les activités n’ont pas cessé pour autant.

Le directeur affirme que Plan Nagua a été le premier partenaire à manifester sa présence et à permettre de modifier l’allocation des budgets pour répondre aux besoins les plus urgents dans les villages. Des travaux ont été entrepris pour aider à la reconstruction de l’école communale de Coutrelles.

« Nous avons eu des fonds supplémentaires de Plan Nagua et même un soutien psychosocial pour passer au travers des événements à la suite du tremblement de terre, ajoute Marc-Arthur Fils-Aimé. Et nous nous sommes servis du soutien psychoscocial et de la formation pour multiplier cela sur le terrain. »








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