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L’argent de Chango Joseph - Par : Jean Erich René

lundi 30 mars 2009 par Erich Jean René

L’argent de Chango Joseph - Par : Jean Erich René

Qu’un chat s’appelle Mimi ou Mistigri c’est du pareil au même. Qu’il opère
à pas feutré dans la cuisine, dans les couloirs du Parlement ou du Palais
National etc. ses actes sont également répréhensibles. Mais quand il prend
un visage humain, pour émarger du budget de l’Office National Assurance
(ONA), l’émotion atteint son comble. Généralement le Gouvernement accorde
une subvention en vue d’encourager une institution à caractère social.
L’aide financière fournie garantit son fonctionnement jugé bénéfique pour
le public. Par suite des calamités qui ont frappé le pays le Gouvernement a
pris des mesures salvatrices en subventionnant la production du riz dans
l’Artibonite. Pour soulager la disette il a coupé le prix des produits de
première nécessité en payant la différence. Toutes ces dispositions font
partie des droits régaliens du Chef de l’Etat qui, selon la Constitution,
doit assurer le bien-être de la Nation.

Nous applaudissons les subventions accordées au secteur de l’éducation pour
la formation des professeurs. Logiquement l’augmentation du nombre
d’enseignants et l’amélioration de leur performance par des séminaires de
formation, rencontres, colloques sont souhaitables. Nous sommes tombés des
nus quand l’ULCC rapporte que pour le Carnaval de 2007 l’ONA a décaissé
plus de 46 millions de gourdes en faveur de 20 particuliers, 15 entreprises
commerciales, 50 groupes musicaux, 15 organisations, 2 ministères, 2
mairies, 22 organes de presse, 49 députés et 5 sénateurs. Quant aux
premiers nous accordons le bénéfice du doute, mais quant aux 3 derniers
nous avons frotté nos yeux pour saisir l’objet de leur présence sans
trouver aucun motif. Cette bamboche pour le moins insolite a piqué notre
curiosité sur les points suivants :

1. Les festivités carnavalesques relèvent de nos Mairies c’est-à-dire de
l’Exécutif mais non du Législatif. En aucun cas, nos députés et nos
sénateurs ne peuvent être des comptables de deniers publics. Ne s’agit-il
pas d’un filet tendu pour attraper les contestataires les plus bruyants du
PPP ? Avec cette épine au talon ils ne peuvent plus pérorer à leurs
tribunes ni s’opposer ultérieurement à une proposition d’amendement de la
Constitution. En tout cas le député Benoît de Pétionville vient de déposer
sa part au pied de l’autel du loa Chango. Abobo !
2. La presse, ce quatrième pouvoir, est la cible de tous les hommes
politiques qui cherchent à tout prix à avoir son silence. Combien de
journalistes ont été assassinés après leurs prestations au microphone !
Combien ont été exilés ou jetés en prison pour leurs éloquents témoignages
dans nos journaux ! Combien ont été soudoyés pour persécuter et diffamer
sur Internet les ennemis potentiels du Gouvernement ! La multiplicité des
medias subventionnés laisse percevoir l’imposition de la loi de l’omerta.
3. Le Directeur de l’Office National Assurance (ONA), lors de sa première
tentative d’arrestation avait fait une déclaration très pernicieuse. Le
Président René Préval déterminé à mettre la main à son collet s’était vite
rétracté. Quand la sœur de César est soupçonnée la donne change. Nous
devons surtout remarquer que l’arrestation du Directeur de l’ONA a eu lieu
après la déclaration conjointe signée par le Gouvernement et l’ONU. Chut !
Le Chef de l’Exécutif haïtien n’a plus le contrôle intégral du pouvoir. De
plus, rappelons que l’ULCC n’est pas une création gouvernementale. Elle a
été mise sur pied et outillée pour lutter contre la corruption dans le
cadre de la Coopération Internationale. L’ULCC a le back up des
institutions internationales dans l’enquête sur le Scandale de l’ONA
4. Sandro Joseph doit s’empresser de délier sa langue, en prévision d’un
ACV très probable en prison à l’instar de Marc Frédéric. Le Directeur de
l’ONA ne saurait débourser autant de millions sans le feu vert de ses Chefs
hiérarchiques. Dans le cas contraire, ils seront accusés de manquement
grave à leur devoir d’Etat. Soulignons que l’affaire date de 2007. En
principe le Gouvernement devrait démissionner en vue du Procès de la
Consolidation. Malheureusement, la Haute Cour de Justice ne peut pas être
constituée, puisque l’accusation doit être portée s par la Chambre des
députés dont les membres sont récusés d’office.

L’Office National Assurance (ONA), a-t-il pour mission de subventionner
certaines organisations privées et même commerciales. Nos parlementaires
sont-ils éligibles aux fonds de subvention ? Profitons-en pour crever
l’abcès du financement des ONG qui pullulent en Haïti. Sous le fallacieux
prétexte d’aide humanitaire leurs responsables, de véritables sangsues,
s’empiffrent des subventions de tout azimut sans jamais donner l’inventaire
de leurs réalisations. L’Etat haïtien doit :
1. établir les procédures régissant l’octroi des subventions au regard
d’objectifs cohérents
2. définir les critères de bonne gestion en assurant la pleine efficacité
par un contrôle de suivi et une évaluation finale des projets subventionnés
3. soumettre la liste des bénéficiaires des subventions nationales et
internationales et leurs montants à la Cour Supérieure des Comptes et au
ministère de la Planification pour assurer une vision globale et la
cohérence des diverses actions subventionnées qui doivent entrer dans le
champ de stratégie de la politique nationale
4. assurer la transparence financière. Les pièces comptables sont à
joindre à l’appui du rapport de fonctionnement rempli selon un compte
rendu d’activité. Tout co-financement est à mentionner et comptabiliser
selon la même procédure
5. instruire les Collectivités Territoriales des dossiers des aides
financières et des subventions accordées pour la réalisation des projets
dans leurs communes respectives. Le visa des Collectivités Territoriales
est indispensable pour le versement d’une nouvelle subvention après la
vérification de la réalisation des tranches d’actions déjà financées.

En Haïti, la subvention de projets bidon gangrène la plupart des
institutions publiques et les ONG qui deviennent le milieu de culture
idéale pour les arnaqueurs. Après la saison post cyclonique ont été
décaissés en faveur des sinistrés : 197 millions de gourdes par le
Gouvernement, 32 millions de dollars US par l’Espagne, 5 millions par
l’Union Européenne à une Chatte pleine socialiste etc. Ni pipe, ni tabac !
Il nous faut arriver à une gestion efficace des enveloppes de subvention
nationales et internationales en les consolidant dans un tableau de bord.
Les Ministères de tutelle et les Collectivités Territoriales s’avèrent les
instruments de pilotage et de contrôle les plus performants. Tous ceux et
toutes celles qui ont mangé l’argent de Chango Joseph doivent le
rembourser au Trésor public.








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