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L’épidémie de choléra en Haïti pourrait « durer des années » - par : Clarens Renois, Agence France-Presse, Port-au-Prince

lundi 15 novembre 2010 par Administrator

L’épidémie de choléra qui sévit en Haïti pourrait « durer des années », a averti l’ONU lundi, tout en observant que les dix départements que compte le pays étaient désormais touchés par la maladie, compliquant l’organisation d’élections prévues dans moins de deux semaines.

À en croire Nigel Fisher, coordonnateur de l’action humanitaire des Nations unies en Haïti, la maladie, qui a fait près d’un millier de morts en l’espace d’un mois, devrait s’installer dans la durée.

L’épidémie « va certainement durer des mois. Lorsqu’on observe l’évolution d’autres épidémies, cela pourrait même durer des années. Ici, en Haïti, nous sommes en terre inconnue », a déclaré M. Fisher à l’AFP.

« Selon les épidémiologistes, nous allons continuer à voir le nombre de cas augmenter de façon significative », a-t-il ajouté un peu plus tard lors d’un compte-rendu retransmis par vidéoconférence auquel avaient été conviés des journalistes au siège de l’ONU à New York.

« Nous avons des cas » dans les dix départements que compte le pays le plus pauvre du continent américain, a relevé M. Fisher, qui se trouve en Haïti.

Jusqu’à maintenant, les autorités haïtiennes parlaient de six départements touchés.

Vendredi, l’ONU a lancé un appel de fonds d’urgence de 163,8 millions de dollars pour « éviter d’être dépassée » par l’épidémie.

Dans l’immédiat, les autorités haïtiennes sont surtout préoccupées par la tenue des scrutins présidentiel et législatif qui doivent avoir lieu le dimanche 28 novembre.

Malgré la crise sanitaire, les candidats à la succession du président René Préval ne sont pas en faveur d’un report des élections.

« Il n’est pas raisonnable de penser à un report », a déclaré à l’AFP Mirlande Manigat, favorite dans les sondages, même si elle reconnaît que « le contexte général n’est pas favorable aux élections ».

Leslie Voltaire, également candidat à la présidence, est du même avis.

« On ne peut pas reporter les élections en raison du choléra. Personne ne sait si la situation ne va pas empirer dans un ou deux mois », a-t-il dit à l’AFP, mettant en garde contre le risque d’une « nouvelle crise politique » si un gouvernement provisoire devait être mis en place.

Violences au Cap-Haïtien

Plusieurs personnes ont été blessées lundi à Cap-Haïtien -deuxième plus grande ville du pays située au nord de l’île- lors de heurts entre casques bleus et manifestants qui protestaient contre la mission de l’ONU en Haïti et la gestion de l’épidémie de choléra par les autorités, ont annoncé plusieurs sources.

Selon le Dr Yves Jasmin, directeur départemental de la Santé d’Haïti, « des blessés par balles ont été reçus à l’hôpital Justinien » de Cap-Haïtien, situé à près de 300 km au nord de la capitale, Port-au-Prince.

Dans l’immédiat, il était impossible de déterminer l’origine de ces tirs à balles réelles.

« Je n’ai pas le nombre précis de personnes blessées, ni la gravité des blessures », a dit le Dr Jasmin.

Les manifestants protestaient contre la mission de l’ONU (MINUSTAH) et la gestion de la crise sanitaire née de l’épidémie de choléra, qui a tué près de 1000 personnes dans tout le pays depuis qu’elle a éclaté il y a un mois.

Les casques bleus ont fait usage de grenades lacrymogènes, qui ont fait également des blessés, a déclaré à l’AFP Vicenzo Pugliese, porte-parole de la MINUSTAH. « Nous ne connaissons pas la nature des blessures ni les circonstances », a-t-il ajouté.

Le ministère haïtien de la Santé n’a pas divulgué de nouveau bilan lundi. Dimanche, les autorités avaient révélé que 917 personnes étaient décédées depuis la mi-octobre des suites du choléra. En outre, il y a eu 14 642 hospitalisations, mais la grande majorité des malades ont pu quitter l’hôpital.

Le département de l’Artibonite, situé au nord du pays, foyer de l’épidémie, reste la région la plus touchée avec un total de 595 morts depuis la mi-octobre, selon les données publiées par le ministère de la Santé.

La maladie continue aussi de progresser dans la capitale Port-au-Prince, avec 27 morts recensés.

Les autorités redoutent que l’épidémie n’atteigne les camps insalubres dans lesquels s’entassent les réfugiés du séisme du 12 janvier.

François Servranckx, de Médecins sans Frontières (MSF), a indiqué à l’AFP que son organisation était « quand même en mesure pour le moment de gérer la situation, de faire face ». « Mais malgré tout, je pense qu’on peut potentiellement parler d’un nombre très élevé de patients qui dépassera nos capacités », a-t-il dit.








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