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L’objectif de Préval - Par : Jean Erich René

mardi 28 juillet 2009 par Erich Jean René

L’objectif de Préval - Par : Jean Erich René

Le maquillage est une pratique courante en politique haïtienne pour cacher
les problèmes latents. Le masque que portent souvent nos dirigeants leur
permet de mettre en pratique leurs plans machiavéliques sans soulever le
moindre soupçon chez les spectateurs même les plus avertis. La polémique du
salaire minimum agitée par le Président René Préval et son ex beau-frère le
député de Pétion-Ville Steven Benoit est une version de l’histoire de
Bouqui et Malice visant à nous faire dormir afin que les opérations de
révision de la constitution, en vue du passage du pouvoir, s’exécutent en
douceur.

Rendez-moi fou ou perspicace, intriguant ou lucide, mais il est clair,
comme l’eau de coco, que le tandem Préval-Benoit fade et rebutant a trop
duré pour ne pas soulever notre suspicion. Nous ne pouvons plus comprendre
ce qui les divise. Ils ont :
1. les états financiers des entreprises de la sous-traitance
2. les coûts de fabrication des entrepreneurs
3. les salaires versés aux travailleurs
4. le rendement par travailleur
5. les carnets de commande en dollars US avec les primes pour l’inflation
publiés par les douaniers américains
6. le montant du salaire visé qui ne dépasse pas 200 gourdes.

Diantre ! Qu’attendent-ils avec toutes ces données en main pour dire le mot
de la fin. Des calculs purement élémentaires peuvent conduire à une
conclusion. Le vrai problème ce n’est pas le salaire minimum. La vérité
c’est que René Préval n’arrive pas encore à trouver la formule de la
transition du pouvoir en 2010, soit en le gardant soit en le transférant à
un ami ou préférablement une amie fiable. Pour lui, l’exil est impie. Il
aimerait retourner à son paradis de Marmelade, pour se la couler douce au
parfum des orangers, tout en poursuivant son entreprise de fabrication de
meubles en bambou.

Comme le roseau René Préval plie mais ne rompt jamais. S’il était piètre à
l’école pour avoir mis fin à ses études secondaires, par excès, en classe
de 3e chez Georges Marc, en matière de politique du béton, il est matois.
Il se foute du préjugé de couleur puisque sa vie s’est écoulée entre un
Père noir et une mère mulâtresse. Il méprise la doctrine noiriste qui veut
que le pouvoir soit au plus grand nombre. Dans sa quête de justice sociale,
il cherche à rétablir la suprématie du Parti Libéral, en remettant les clés
du Palais National, selon une forte probabilité, à un mulâtre ou une
mulâtresse.

En 1999, René Préval voudrait faire la passe à Jean Léopold Dominique.
Malheureusement, au sein du Parti Lavalas d’où son pouvoir était issu, il y
avait l’aile mulâtre et l’aile noire. Le carteron du Bas Peu de Chose,
Robert Manuel en 1999 a dû prendre l’exil pour échapper à la fureur
lavalassienne, à cause de sa peau claire. On a tenté de lui faire porter le
chapeau de l’assassinat de Jean Lamy dont le vrai tueur a été identifié
parmi ses frères d’armes. Le meurtrier s’était rendu, peu de temps après,
chez la seconde épouse du Colonel Jean Lamy, pour recueillir ses linceuls
parce que le commanditaire du crime voudrait éviter que le Petit Bon Ange
prenne sa vengeance. Pierre Denizé, pour la ridicule question de couleur, a
été tabassée à la Cathédrale de Port-au-Prince en présence d’Aristide qui a
dû le cacher dans la voiture présidentielle pour qu’il y eût la vie sauve.

Selon les révélations de l’ex maire de Port-au-Prince Emmanuel Charlemagne,
à l’émission Metropolis, Jean Dominique a été assassiné par des dirigeants
Lavalas, à la veille des élections de 2000. En effet les caisses du
Kozepep, l’embryon du futur Parti politique de Jean Dominique, ont été
cambrioléese et Charles Sufra a dû se mettre à couvert. On cherchait un
alibi en la personne de Danny Toussaint. Le complot était bien monté,
puisque les coups de feu étaient partis de sa camionnette que Tabarre
venait juste de réquisitionner. Le propriétaire a été identifié car le
numéro d’immatriculation a été retenu par les témoins. La question qui
remonte automatiquement à l’esprit :

Pourquoi l’enquête sur la mort de Jean Dominique n’a jamais pu aboutir ?
Pendant 9 ans René Préval et Jean Bertrand Aristide, élus tour à tour
président pour une deuxième fois n’ont jamais entrepris le procès de Jean
Dominique. Ce qui nous tue, même la femme du défunt proche du pouvoir est
indifférente. Elle vient juste de décliner l’offre de René Préval de lui
succéder en 2010. Elle aspire à occuper le poste de Secrétaire Général de
l’ONU beaucoup plus prestigieux que la dangereuse Présidence haïtienne.

Poursuivant son projet politique de placer un mulâtre au pouvoir René
Préval, en dernière heure, a jeté son dévolu sur J. Tardieu, d’une famille
originaire de Corail dans la Grand’Anse. L’un des rares échantillons
d’entrepreneurs haïtiens à maitriser aussi la veine intellectuelle. Ce sont
des gens simples et sans histoire qui regroupent entre eux seuls toute la
gamme des compétences à un niveau supérieur. A les juger par leur habitus
dans leur vaste domaine à la Fleur du Chaine, ils seraient des socialistes
chrétiens. Ils ne sont pas habités par la haine qui enflamme certains
camarades qui changent de statut et renient leurs slogans « Nation avant
Pouvoir », « Gro trip vale ti trip ».

La discussion oisive sur le salaire minimum, entre l’Exécutif et le
Législatif, est un épouvantail agité par le laboratoire politique du
président René Préval afin de lui permettre d’échafauder la structure
politique souhaitée afin d’assurer le maintien ou la transmission du
pouvoir en douceur. La révision de la constitution de 1987, la reconduite
de Mario Andrésol, comme Chef de Police, pour le travail bien fait, malgré
l’insécurité galopante, sont autant de jalons posés pour parer aux
prochains désastres politiques.

La fraude aux dernières élections sénatoriales dénoncée par un personnage
aussi important que crédible comme le Vice-président du CEP, va dégénérer
en crise parlementaire. Les élections de novembre 2010 n’auront pas lieu.
La caducité constatée du Parlement va donner l’opportunité à Préval de
réaliser son rêve d’or de diriger par décret. L’ambigüité de certains
articles dont se lave les mains le président de la Commission
présidentielle de Révision de la Constitution, Claude Moïse, sera
contournée. Jouissant des pleins pouvoirs, l’objectif de Préval de redorer
le blason du Parti Libéral, en péremption depuis 1948, sera-t-il atteint ?
L’aile noire est vigilante.








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