CAPSULES-HAITIMONDE.COM - Les Dernières Nouvelles d’Haiti - Tout sur l’actualité haitienne - Le réseau de référence Haitimonde.com

LETA sur les murs de la Faculté d’ethnologie

vendredi 25 avril 2014 par Administrator

Les premières photos de Paolo Wood – tirées de son livre « State » (Leta en créole) – exposées jeudi soir sur les murs de la Faculté d’ethnologie attirent la curiosité de beaucoup de passants. Cela vaut la peine

Les graffitis sur les murs de la Faculté d’ethnologie ont été effacés jeudi soir et remplacés par des photos imprimées en format géant. Depuis, personne ne passe sans s’arrêter pour quelques minutes ou jeter un coup d’œil. Les photos de Paolo Woods parlent. Trois jeunes étudiants commentent la photo « t-shirt pèpè », le nom du cliché. Une vraie comédie. Les gens portent des vêtements sans se rendre compte de ce qui est écrit dessus.

Un jeune homme, souriant, pose fièrement dans l’une des photos. Sur son t-shirt est écrit : « My boyfriend is out of the town). Certains en rigolent, d’autres se posent des questions. Un peu plus bas dans la photo, une fille n’est pas moins fière dans son maillot. Elle n’est pas une blonde contrairement à ce qui se lit sur sa poitrine. « Kiss me, I’m a blonde », lit-on sur son t-shirt. Comme une invitation.

Le message le plus drôle est celui véhiculé par un jeune homme. Il a un look de fashion, mais il est malheureusement trahi par la langue de Shakespeare qu’il ne maîtrise probablement pas. « I’m a Virginia bitch » est le drôle de message qu’on peut lire.

Les photos suscitent des débats. Ce ne sont pas des photos qui choquent ou qui montrent la misère noire du pays. « L’exposition part d’images qui disent l’ordre plutôt que le chaos, la comédie plutôt que la tragédie : les riches Haïtiens, l’émergence lente d’une classe moyenne, l’élaboration de corps alternatifs », explique le projet.

Ce soir-là, la photo d’Eric Jean-Baptiste, propriétaire de Père Eternel Borlette, n’est pas passée inaperçue. L’homme d’affaires haïtien est montré au bord d’une large piscine de sa propriété qui surplombe Port-au-Prince. Cette photo avait été déjà publiée pour illustrer l’article « Les nantis d’Haïti », sous la plume du journaliste Arnaud Robert.

« Eric Jean-Baptiste ? Se lajan dyab », fulmine une femme. « Casse-toi madame, tu ne sais pas de quoi tu parles, lui jette un homme, cartable sous le bras droit. Eric Jean-Baptiste est un homme intègre, qui crée des emplois. Sa richesse provient de la loterie. »

Chaque photo, aussi simple soit-elle, donne lieu à des remises en question. Le cliché qui montre des officiers de police, notamment des gardes présidentiels, discuter une partie de dominos dans la cour du palais national n’est pas des moindres. Comme celle d’un homme qui récupère les fers abandonnés dans les ruines de la cathédrale de Port-au-Prince, ou encore celle d’un employé d’une ONG suisse posant avec un enfant sur les bras. L’occasion de rappeler, comme souligné à côté de la photo, que le pays possède plus d’ONG par habitant que n’importe quel autre pays dans le monde.

Arnaud Robert et Paolo Woods connaissent définitivement bien la réalité du pays. « Haïti est une contradiction. Une nation particulièrement fière de son histoire unique, de sa langue, de sa culture singulière. Mais un État qui demeure souvent absent et presque toujours dysfonctionnel. » Une manière de tout dire en peu de mots.
Valéry Daudier
vdaudier@lenouvelliste.com

Voir en ligne : Le Nouvelliste







Accueil | Plan du site | info visites 331211

Suivre la vie du site fr  Suivre la vie du site NOUVELLES D’HAITI  Suivre la vie du site Revue de la Presse en Haiti   Politique de publication

Haitimonde Network