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La République tête en bas - Par : Jean Erich René

lundi 2 février 2009 par Erich Jean René

La République tête en bas - Par : Jean Erich René

La mort suspecte du directeur adjoint de la Police de Port-de-Paix, suivie
peu de temps après dans les mêmes conditions du décès du Greffier du
Tribunal de cette même instance, témoin oculaire de cette dite scène de
suicide, ressemble comme deux gouttes d’eau à un scénario monté dans les
studios de Hollywood. Les coups de théâtre, à couper le souffle des
spectateurs, sont plutôt dignes d’un film de la mafia. Le Chef de Police
Mario Andrésol vient de montrer ses longues oreilles en mettant ses propres
menottes à son poignet pour avoir affirmé que des témoins ont vu Jean
Raymond Philippe sortir d’un magasin avec un gallon d’acide sulfurique. Il
vient de dévoiler l’arme du crime. Maintenant pour avoir l’évidence du
suicide ou de l’homicide, faisons le lien avec la victime en vue
d’identifier le criminel.

Selon les analyses médico-légales, si Jean Philippe Raymond est mort 3
heures après son arrivée au Canapé Vert (Mario Andrésol dixit), en comptant
le temps du voyage et de la tentative de lavage à l’hôpital de
Port-de-Paix, grosso modo la scène d’empoisonnent est circonscrite dans un
espace de 8 heures. Selon la nomenclature, dans ce laps de temps, Jean
Philippe Raymond devrait avoir avaler 30 grammes ou 16,39 cm3 d’acide
sulfurique non concentré, pas plus. Rappelons qu’une mole d’acide
sulfurique est égale à 1,83 grammes/cm3. S’il s’agit d’un suicide, on
devrait relever sur ce gallon mentionné par Mario Andrésol, les empreintes
de la victime, son ADN grâce à sa salive laissée sur le goulot et le
bouchon qu’il a dû d’abord dévissé avant de porter le gallon à sa bouche.
De plus il doit rester dans le gallon d’une contenance de 3, 785 litres
ou:3785 cm3, une quantité équivalente à 3768,61 cm3. Dans le cas
contraire, le compte à rebours, à partir de l’heure de la mort de Jean
Raymond Philippe va nous permettre d’identifier le criminel parmi les
personnes qui étaient en sa compagnie il y a 8 heures. Dans quel but le
Chef de Police aurait-il présenté l’alibi de l’achat d’un gallon d’acide
par la victime ? S’il vous plait , dans quel magasin ? Où est la facture ?

Le Parquet de Port-au-Prince ne peut pas se contenter d’ouvrir une
information judiciaire seulement sur le dossier du décès suspect du Chef
adjoint de la police de Port-de-Paix. L’action publique doit être mise en
mouvement aussi pour l’empoissonnement du greffier du Tribunal de
Port-de-Paix, sans oublier la tentative de fusillade de Marc Frédéric
l’oncle du trafiquant. Ce ne sont pas des faits isolés ni des cas de
suicide mais des actes d’agression contrairement à l’argument farfelu
soutenu par Mario Andrésol. Tous ces événements sont liés au scandale des
narcodollars de Lavaud dont le montant n’a pas encore été récupéré en dépit
de la disparition de celui qu’on accuse comme acteur. Où est passé le
pactole ? Il n’est pas à la morgue ! Pourquoi le Directeur départemental de
Port-de-Paix est-il en cavale ? Jean Raymond Philippe est mort dit-on sous
l’effet de l’acide sulfurique depuis le 11 janvier 2009, ses vêtements
souillés et dévorés, ses lèvres brûlées etc. sont des signes évidents de
l’empoisonnement par la force, selon le médecin légiste Ambroise Tardieu,
dans son livre : L’empoisonnement : p. 176,177. L’homicide est clair ! Le
greffier témoin oculaire s’est-il aussi suicidé par l’acide sulfurique ? Mr
Andrésol quelqu’un l’a-t-il vu aussi sortir du même magasin avec un gallon
d’acide sulfurique ?

Par suite de l’implication du Commissaire de Port-de-Paix et de ses deux
substituts, le dossier a été transféré au Parquet de Port-au-Prince. En
tout cas, quelles que soient les juridictions qui mènent l’enquête autour
de ces deux morts par empoisonnement, les lois pénales ne changent pas.
L’article 221-5 du Code Pénal stipule : "Le fait d’attenter à la vie
d’autrui par l’emploi ou l’administration de substances de nature à
entraîner la mort constitue un empoisonnement. L’empoisonnement est puni de
trente ans de réclusion criminelle. Il est puni de la réclusion criminelle
à perpétuité lorsqu’il est commis dans l’une des circonstances prévues aux
articles 221-1, 221-2, 221-3 et 221-4 »

Article 221-1
Le fait de donner volontairement la mort à autrui constitue un meurtre. Il
est puni de trente ans de réclusion criminelle.

Article 221-2
Le meurtre qui précède, accompagne ou suit un autre crime est puni de la
réclusion criminelle à perpétuité. Le meurtre qui a pour objet soit de
préparer ou de faciliter un délit, soit de favoriser la fuite ou d’assurer
l’impunité de l’auteur ou du complice d’un délit est puni de la réclusion
criminelle à perpétuité. Les deux premiers alinéas de l’article 132-23
relatifs à la période de sûreté sont applicables aux infractions prévues
par le présent article.

Article 221-3
Le meurtre commis avec préméditation constitue un assassinat. Il est puni
de la réclusion criminelle à perpétuité. Les deux premiers alinéas de
l’article 132-23 relatifs à la période de sûreté sont applicables à
l’infraction prévue par le présent article. Toutefois, lorsque la victime
est un mineur de quinze ans et que l’assassinat est précédé ou accompagné
d’un viol, de tortures ou d’actes de barbarie, la cour d’assises peut, par
décision spéciale, soit porter la période de sûreté jusqu’à trente ans,
soit, si elle prononce la réclusion criminelle à perpétuité, décider
qu’aucune des mesures énumérées à l’article 132-23 ne pourra être accordée
au condamné ; en cas de commutation de la peine, et sauf si le décret de
grâce en dispose autrement, la période de sûreté est alors égale à la durée
de la peine résultant de la mesure de grâce. »

Article 221-4
Le meurtre est puni de la réclusion criminelle à perpétuité lorsqu’il est
commis :

- Sur un magistrat, un juré, un avocat, un officier public ou ministériel,
un militaire de la gendarmerie nationale, un fonctionnaire de la police
nationale, des douanes, de l’administration pénitentiaire ou toute autre
personne dépositaire de l’autorité publique, un sapeur-pompier
professionnel ou volontaire, un gardien assermenté d’immeubles ou de
groupes d’immeubles ou un agent exerçant pour le compte d’un bailleur des
fonctions de gardiennage ou de surveillance des immeubles à usage
d’habitation en application de l’article 127-1 du code de la construction
et de l’habitation, dans l’exercice ou du fait de ses fonctions, lorsque la
qualité de la victime est apparente ou connue de l’auteur ;

- Sur un témoin, une victime ou une partie civile, soit pour l’empêcher de
dénoncer les faits, de porter plainte ou de déposer en justice, soit en
raison de sa dénonciation, de sa plainte ou de sa déposition ;

- Par plusieurs personnes agissant en bande organisée.

Toutefois l’histoire d’Haïti nous enseigne que dans la République Tête en
Bas, les jugements bâclés ou dirigés par les autorités en place,
provoquant le mécontentement général et le déséquilibre social, placent
toujours en bout de piste les officiants du jour qui refusent de répondre à
leur devoir moral aussi bien que leurs familles face à la vindicte
populaire. A bon entendeur salut !








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