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Le prix de la gratuité de l’éducation... - par : Valéry DAUDIER, Lenouvelliste.com

vendredi 30 septembre 2011 par Administrator

A partir du lundi 3 octobre, 142 000 enfants de 6 à 12 ans qui n’ont jamais été à l’école, issus de huit départements du pays, vont finalement débuter leur scolarisation, a rassuré ce jeudi au Nouvelliste Georges Gaston Mérisier, conseiller en éducation du président de la République. Pas de nouvelles constructions d’écoles, encore moins des ajouts de salles de classe. M. Mérisier a expliqué que 80% de ces enfants sont inscrits dans des écoles publiques qui vont fonctionner en double vacation. Par ailleurs, il a rappelé que l’Etat annule cette année les frais scolaires réclamés dans les écoles nationales à travers le pays...

A écouter le chef de l’Etat ou son conseiller en éducation, Georges Gaston Mérisier, à partir du lundi 3 octobre, date de la réouverture des classes, on ne verra plus d’enfants de 6 à 12 ans errer dans les rues des départements du Sud, du Sud-Est, des Nippes, de la Grand’Anse, du Centre, du Nord, du Nord-est et du Nord-Ouest, sans aller à l’école. Car tous les enfants qui n’ont jamais été à l’école ou qui ont fait leur première ou deuxième année sans pouvoir terminer, ont été répertoriés et inscrits dans une école.

« Depuis environ deux mois, le ministère de l’Education nationale a mobilisé toutes ses structures, que ce soient les cadres au niveau central ou les directions départementales. Nous avons été chercher ces enfants partout, que ce soit dans les sections communales pour les inscrire à une école », a indiqué ce jeudi Georges Mérisier au Nouvelliste.

« Non seulement nous avons été chercher ces enfants sans distinction, mais aussi, nous prenons aujourd’hui le soin de n’oublier aucun d’entre eux », ajoute-t-il, soulignant que ces enfants ont été répertoriés à partir d’une méthode de porte à porte.

80% de ces enfants, poursuit le conseiller du chef de l’Etat, ont été inscrits dans les écoles publiques des départements concernés et les 20% restants dans des écoles communautaires, presbytérales et missionnaires.

« Un accord va être signé avec les responsables de ces écoles et l’Etat paiera pour les 20% de ces enfants », a expliqué le conseiller, soulignant que la subvention des matériels scolaires octroyée depuis quelques années aux parents continue.

Des écoles dans les sections communales !

En ce qui a trait aux enfants issus des sections communales reculées qui parcourent plusieurs kilomètres à pied pour se rendre à l’école, Georges Mérisier a aussi annoncé la couleur à travers le programme d’Education gratuite. « Dans les sections communales dépourvues d’écoles, les enfants vont suivre leurs cours dans des espaces temporaires en attendant la construction des bâtiments au cours de l’année scolaire. Nous avons déjà panifié la construction de ces écoles », a confié celui qui est pressenti par le président pour être ministre de l’Education.

« Nous voulons faire en sorte que l’enfant ne parcoure pas une longue distance pour aller à l’école. Nous privilégions la proximité », a ajouté Georges Gaston Mérisier.

Quelle pédagogie appliquée ?

On n’a pas encore d’informations sur le nombre d’enfants qui seront repartis par salle de classe, encore moins le niveau des enseignants recrutés pour ce programme ; toutefois le conseiller du président a assuré que les enfants, selon leur âge, seront divisés en trois groupes, soit en trois classes.
« Nous avons un groupe de 6 à 7ans, c’est une première classe. Ce sont des enfants qui ont l’âge normal d’aller à l’école. Ils vont passer six ans avant de boucler leur fin d’études primaires », explique Georges Mérisier.
Il y a un groupe de 8 à 9 ans qui forme une deuxième classe, poursuit-il. « Nous avons élaboré un programme spécial pour ces enfants. Au lieu de passer six ans avant de boucler la sixième année, ils vont le faire en quatre ans », fait remarquer Mérisier.

Dans le dernier groupe se trouvent les enfants de 10 à 12 ans pour lesquels nous avons également développé un programme accéléré de trois ans. Ce groupe aura à subir les examens de certificat d’études primaires après trois ans. Reste à expérimenter l’efficacité d’un tel programme et le nombre d’heures qui sera consacré à cet effet. Faire en trois ans ce que l’on n’arrive pas souvent à faire en six ans est plus qu’un défi, et la qualité de l’éducation devrait être aussi remise en question.

L’Ouest et l’Artibonite pour l’année prochaine

Les départements de l’Ouest et de l’Artibonite ne sont pas concernés cette année par le programme d’éducation gratuite. L’Artibonite n’est pas concerné cette année, a souligné le conseiller du président, du fait que c’est le département ayant bénéficié beaucoup plus du programme baptisé « Education pour Tous » du ministère de l’Education nationale.

« Il y a une raison objective qui a fait renvoyer à l’année prochaine le programme d’éducation gratuite dans l’Ouest. Beaucoup de familles vivent encore dans les camps avec les enfants. Or, le gouvernement prévoit de les reloger. Il sera donc difficile de retracer ces enfants », a expliqué Georges Gaston Mérisier.

« Pour l’Ouest et l’Artibonite, l’Etat a pris des dispositions pour rendre gratuite la scolarisation de tous les enfants inscrits dans une école privée en première année fondamentale, toujours dans la logique de la gratuité de la scolarisation », a-t-il confié. 120 00 enfants, prévoit-il, vont en bénéficier.

Annulation des frais scolaires dans les écoles publiques

A en croire le conseiller en éducation du chef de l’Etat, les frais scolaires (100 à 200 gourdes) habituellement réclamés dans les écoles nationales, de la 1ere à la 6e année fondamentale, ont été annulées cette année à l’échelle du pays. Les parents n’ont pas à verser un sou à ces écoles.

« Le pouvoir central va octroyer une allocation budgétaire par enfant à ces écoles pour leur fonctionnement », a indiqué Georges Mérisier.

« Notre objectif, c’est de ne plus voir d’enfants en âge scolaire vagabonder dans les rues. Nous avons mis des structures en place à cet effet, maintenant il reste à vérifier si tout marche bien », a fait savoir le conseiller du président. Tout le monde est mobilisé, dit-il, pour s’assurer que tous les enfants de 6 à 12 ans - qui doivent être à l’école - sont à l’école.

Il suffira de confronter les discours avec les faits !

Valéry DAUDIER
vdaudier@lenouvelliste.com








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