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Les pieds dans le plat / Réparation ! Restitution ! - Par : Gary VICTOR

lundi 30 mars 2009 par William Toussaint

Les pieds dans le plat


Réparation ! Restitution !

Gary VICTOR

Soyons sérieux ! À moins d’être aveugle - encore qu’il y ait l’odorat - ou sot, il suffit de la moindre randonnée pour se rendre compte que notre pays est non seulement dévasté, mais non gouverné. La communauté internationale a beau s’agiter, beau pérorer, aucun citoyen n’est dupe. Des millions sont prétendument dépensés, mais personne ne voit la moindre amélioration dans la qualité de la vie des Haïtiens. Tandis que le territoire continue à se dégrader, nous, citoyens oubliés de toutes couches sociales confondues, sommes obligés, jour après jour, de développer toutes sortes de stratégies pour survivre.
Certains ont beau pousser de hauts cris quand Transparency International nous décerne une palme comme le pays peut-être le plus corrompu de la planète, la réalité est encore pire. Mais quand la corruption se lie à la bêtise, à une totale absence d’humanité, de fierté et de respect de soi, on aboutit à cette société qui se vautre dans la boue et dans les ténèbres alors que sur la même île, à quelques kilomètres de nous, un autre pays que nous avons dominé il fut un temps, aborde avec fierté le millénaire en inaugurant un métro dans sa capitale et en lançant une kyrielle de projets destinés à faire de ce lieu un État phare de l’Amérique Latine.
Un groupe politique, salivant à la pensée de s’approprier quelques milliards de dollars, avait lancé le slogan Réparation Restitution, en déterrant l’affaire de la dette de l’indépendance. Mais plus près de nous, il y a aussi une restitution à exiger... Une réparation encore plus importante. Ce sont ces milliards de gourdes que cet État, réduit à un exécutif domestiqué par des intérêts occultes, a dérobés à la nation, lançant ainsi cette dernière dans la spirale sans fin de la misère, spirale protégée quelque part par la communauté internationale qui cautionne, de par son fonctionnement inintelligent, la corruption en Haïti.
L’affaire de l’ONA n’est sans doute qu’un détail dans la forêt de la corruption en Haïti. Quand on voit l’état de délabrement de nos sections communales, de nos villes de province où la construction d’une simple aérogare, même de fortune, semble impossible à l’État, comment ne pas attirer l’attention sur le Fonds de Gestion et de Développement des Collectivités Territoriales (FGDCT) créé pat la loi du 26 mai 1996, qui devait permettre aux élus locaux de fournir aux populations démunies les services de proximité auxquels elles ont droit, dans un contexte d’autonomie financière et administrative prévue par la Constitution et par la Loi ? Rappelons qu’outre les taxes locales, ce fonds est alimenté par le produit de vente des entreprises privatisées (à date la Minoterie et la Cimenterie) ; une taxe de 8 Gdes sur chaque appel international touchant l’ensemble des opérateurs de la téléphonie (Digicel, Comcel, Haitel, Rectel, Teleco) ; par d’autres ressources prévues par la loi telles que 20% sur le prix de vente des cigarettes ; 5% sur les primes d’assurance ; 20 Gdes sur la vignette d’immatriculation des véhicules ; 2% de majoration sur les bordereaux de douane ; 25 Gdes par billet d’avion pour l’étranger ; 1% de retenue sur les salaires de plus de Gdes 5,000 ; 1% du revenu net imposable ; 5% des montants gagnés à la loterie...

Voici un Fonds recueillant plusieurs dizaines de millions de gourdes chaque mois, et ceci depuis plus de douze ans - ce qui doit totaliser actuellement plusieurs milliards de gourdes- montants importants qui auraient pu servir à changer le visage de nos collectivités, Fonds dont la loi prévoit les modalités de gestion et d’utilisation, qui a été accaparé de manière totalement illégale peu après sa mise en place en 1996, alors que la Loi stipule qu’il est destiné EXCLUSIVEMENT aux Collectivités Territoriales, et que ces dernières doivent participer OBLIGATOIREMENT à sa gestion. De quoi rendre rêveur l’ex Directeur Général de l’ONA, Sandro Joseph, écroué comme on le sait au Pénitencier National. Le jour où on demanderait des comptes sur l’argent déposé sur ce Fonds, Sandro Joseph aurait certainement une armée de compagnons en cellule.

Il suffit d’écouter les lignes ouvertes sur nos différentes stations de radio, les conversations de rues, pour se rendre compte que les citoyens dans leur ensemble en ont assez de cet exécutif parasite à géométrie variable, mais d’une capacité de nuisance constante, opérant depuis deux siècles contre la Nation au bénéfice d’intérêts oligarchiques, qui travaille à consolider son projet de pauvreté en Haïti avec l’appui d’une grande partie de la communauté.








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