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Malaise dans la littérature… - par : lematinhaiti.com

vendredi 16 mars 2012 par Administrator

Le Festival littéraire Étonnants voyageurs, dont la dernière édition a eu lieu en Haïti du 1er au 4 février 2012, a donné lieu à des questionnements qui méritent d’être pris en compte avec attention et sérénité.

Dans un premier temps, les poètes et éditeurs James Pubien et Jean François T. Toussaint, des Éditions Bas de page, dans une « Lettre ouverte au festival Étonnants voyageurs Haïti (La pesanteur contre l’oubli) » et diffusée sur Internet, ont critiqué la gestion « haïtienne » de l’événement en mettant l’accent sur des pratiques sélectives de cooptation à l’œuvre dans une certaine République de la complaisance littéraire. On s’invite entre petits copains dont on se sait redevable et, à l’inverse, on exclut de la liste des « élus » et des invités des écrivains majeurs, entre autres les écrivains qui, vivant et écrivant au Québec, font eux aussi honneur à la littérature haïtienne. L’histoire retiendra que le poète Anthony Phelps, qui vit à Montréal, a participé au festival sur intervention hospitalière, depuis la France, de son éditeur français… Les « critères » de sélection/exclusion n’étant pas publiquement affichés par Étonnants voyageurs Haïti, il importe de bien apprécier et de soumettre au débat public l’opinion des jeunes poètes haïtiens.

Dans un second temps, et dans le droit fil d’une critique sérieuse et responsable de la gestion « haïtienne » du Festival Étonnants voyageurs, le jeune poète Claude Sainnécharles, depuis Port-au-Prince, signe cette fin de semaine un texte courageux et percutant : « Contre l’impertinence casterienne et trouillotienne ». Il le dit sans détours : « Nous sommes des jeunes écrivains résistants, nous ne croyons en aucune forme d’imposition, surtout cette dictature littéraire, nous ne fléchirons pas les genoux devant cette autorité dictatoriale, népotique. » J’assume ouvertement qu’une large diffusion du texte de Claude Sainnécharles relève de la liberté d’expression et qu’il s’agit là d’une éclairante contribution à la compréhension du malaise qui sévit actuellement dans l’espace littéraire haïtien, malaise d’ailleurs vécu en silence, en Haïti, par nombre d’écrivains…

Alors même que nous assistons à une accélération du dépérissement des institutions nationales, au moment où la liberté d’expression elle-même, en Haïti, semble de plus en plus taraudée tant dans la presse que dans l’espace rachitique des débats publics, il importe au plus haut point d’accueillir et d’apprécier avec objectivité la libre parole des jeunes poètes haïtiens. Ils interpellent d’incontournables volets de notre littérature et il faut souhaiter que Étonnants voyageurs Haïti participe lui aussi, et librement, et hors toute langue de bois autojustificatrice, au nécessaire débat initié par les jeunes poètes d’Haïti.

Robert Berrouët-Oriol Linguiste-terminologue








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