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Migrants haïtiens à la frontière Pérou/Brésil : Doublement sinistrés - par : alterpresse.org

jeudi 23 février 2012 par Administrator

Face aux inondations dues aux débordements des deux fleuves Acre et Yaverija après d’intenses pluies, l’état d’urgence a été déclaré dans la localité péruvienne d’Iñapari, où se trouvent bloqués 274 migrants haïtiens depuis plus d’un mois à la frontière commune avec le Brésil et la Bolivie.

Les Haïtiens ont été déplacés de la paroisse d’Iñapari, où ils vivaient depuis leur arrivée, vers une école située dans une zone élevée, à l’abri des inondations.

Fuyant Haïti à cause d’un tremblement de terre dévastateur, ces Haïtiens se trouvent actuellement sinistrés mais, cette fois, loin de leur pays. Ils sont doublement sinistrés.

Les autorités locales péruviennes font appel au président Ollanta Humala

Le Gouvernement du Brésil, destination de ces 274 Haïtiens, a fermé et sécurisé sa frontière, les empêchant de pénétrer sur son territoire, en dépit de la demande réitérée des autorités d’Iñapari et des organisations de d´fense des droits humains de faciliter l’entrée des migrants pour causes humanitaires.

Face à ce refus systématique du gouvernement brésilien, les autorités d’Iñapari font appel au président de leur pays Ollanta Humala pour trouver une solution « définitive » à la situation des Haïtiens.

« Désormais nous ne pouvons plus assister les Haïtiens, nous avons nos propres problèmes, nous avons besoin de relocaliser nos gens… que les autorités centrales [de Lima] analysent, conjointement avec la Chancellerie, leur statut légal pour décider s’ils les rapatrieront dans leur pays d’origine ou s’ils négocieront avec le gouvernement brésilien pour voir si celui-ci laissera quelques-uns d’entre eux entrer sur le territoire brésilien », a déclaré à la presse José Luis Aguirre, président régional du département péruvien de Madre de Dios, dont Iñapari est le chef-lieu.

« La population d’Iñapari a été très généreuse pour accueillir, accepter et aider les Haïtiens, mais c’était avant qu’on ait eu des problèmes », poursuit le fonctionnaire péruvien.

Aggravation de la situation humanitaire à Iñapari

La situation humanitaire s’est aggravée à Iñapari, depuis le 17 février dernier, quand la localité a été inondée à cause des débordements de deux fleuves Acre et Yaverija, après d’intenses pluies.

Les inondations ont fait 2.560 sinistrés (dont les Haïtiens), endommagé 512 maisons et affecté 10 institutions publiques ainsi que les systèmes d’adduction d’eau potable, d’égouts et d’énergie électrique, selon le bilan préliminaire dressé par les autorités péruviennes.

La population a urgemment besoin de nourriture, de tentes, de matelas, de draps et de moustiquaires, selon la Défense Civile de la localité.

Les autorités locales sont dépassées par la situation et ont exprimé l’impossibilité pour elles de continuer à assister les migrants haïtiens, déjà confrontés à une crise humanitaire avant même les inondations.

Le mois dernier, le maire d’Iñapari, Celso Curi, a dû déclarer l’état d’urgence dans cette localité, compte tenu de la pénurie d’eau potable et de nourriture provoquée par la présence de ces migrants.

Plus de la moitié des Haïtiens souffraient de maux d’estomac, de pharyngites et, dans le cas des femmes, d’infections urinaires et vaginales - en raison de la mauvaise qualité de l’eau - ainsi que de malnutrition.

Que faire avec ces migrants haïtiens ?

La question que se posent les deux gouvernements, péruvien et brésilien, est la suivante : que faire avec ces migrants haïtiens ?

Ceux qui parviennent à rentrer de manière irrégulière en territoire brésilien après le 12 janvier 2012 devront être invités à laisser le pays et seront déportés, selon la nouvelle loi migratoire brésilienne relative à l’immigration haïtienne.

Cependant, les autorités brésiliennes n’ont pas encore pris une décision quant au pays (et dans quel moyen de transport) où il faut les déporter.

« Nous ne savons pas encore si ce sera par avion ou en bateau, si ce sera au Pérou ou vers leur pays d’origine », a déclaré un haut fonctionnaire de la police fédérale brésilienne.

À souligner que, depuis le 25 janvier 2012, le gouvernement péruvien exige que tous les citoyens haïtiens désireux de se rendre au Pérou soient munis d’un visa de touriste sur leur passeport.

Tout semble indiquer que le Pérou et le Brésil s’accordent sur la nécessité de fermer leurs frontières et durcir leur politique migratoire envers les Haïtiens. Il n’y a que l’Équateur qui n’a pas encore emboité le pas, en permettant jusqu’ici aux Haïtiens de passer ses frontières sans visa de touriste. Et ce, malgré la pression du gouvernement du Brésil.

Source : www.alterpresse.org








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