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Non à Joël Boutroue (PNUD) - Par : Jean Erich René

vendredi 19 décembre 2008 par Erich Jean René

Non à Joël Boutroue (PNUD) - Par : Jean Erich René

Il existe une étroite corrélation entre le revenu et la croissance
démographique. Les faits stylisés prouvent que le revenu par habitant est
plus élevé dans les pays où la croissance démographique est faible tandis
que les pays pauvres ont les populations les plus prolifiques. Selon les
résultats d’une analyse de régression de l’Institut Haïtien de Statistique
et d’Informatique (IHSI), publiés le 17 décembre 2008 dans un document
intitulé : « Estimation et projections de la population totale, urbaine,
rurale et économiquement active », la population haïtienne devrait
atteindre 16 millions 149 mille habitants en 2050. Pour l’année 2009 elle
est estimée à 9,8 millions et dépassera certes les 10 millions en 2010. De
nombreuses questions récurrentes à cette forte croissance de la population
haïtienne doivent être posées et résolues scientifiquement. L’avenir
d’Haïti n’est-il pas menacé par un raz-de-marée humain ? Quelles sont les
relations de causalité entre la croissance démographique d’Haïti et ses
problèmes économiques déjà aigus ? La terre haïtienne pourra-t-elle encore
répondre à nos besoins alimentaires sans cesse croissants ? Quelles sont
les perspectives d’évolution les plus optimistes ?

Le débat sur les retombées d’un accroissement appréciable de la population
haïtienne sur le bien-être collectif est loin d’être gratuit ou partisan,
passionnel ou lyrique. Il relève plutôt d’une approche rigoureuse au-dessus
de l’esprit de chapelle et des prédictions de l’Apocalypse. Le plus grand
danger pour nous autres Haïtiens, c’est d’avaler comme une hostie consacrée
les affirmations intéressées des experts internationaux. Les discussions
doivent être engagées essentiellement sur des données chiffrées mettant
clairement en évidence les indicateurs et les prospectives démographiques
devant nous porter à réfléchir sérieusement sur les issues possibles. Si
nous devons nous laisser conduire un quinquennat de plus par des aveugles
volontaires, des vauriens, exécutant à la lettre les diktats des
Institutions internationales en quête de transfert de l’inflation de leurs
pays respectifs, nous sommes proches de l’hécatombe. Il nous faut trouver
un consensus relatif à la nécessité d’accompagner par une politique
adéquate l’évolution de notre population afin d’améliorer le niveau de vie
de nos citoyens.

Nos plus grandes inquiétudes concernent la sécurité alimentaire des pauvres
que le statisticien démographe Jacques Hendry Rousseau estime au nombre de
5,4 millions, soit la moitié de la population haïtienne. En fuyant la
misère et l’isolement de nos communautés rurales on enregistre une
concentration urbaine érodant les espaces cultivables des périphéries de
nos grandes villes. Il en résulte donc une baisse spectaculaire de la
production agricole, causée par l’exode rurale, suite à l’abandon des
jardins et à l’étalement spatial du périmètre urbain. L’offre agricole
rurale courante devient déficitaire. Pour suppléer à cette carence les
décideurs politiques dans un tandem dangereux avec les bailleurs de fonds
internationaux importent de la nourriture des pays voisins. Une telle
stratégie assure l’intégration verticale et sans aucune issue de la
Politique Néo Libérale de la Mondialisation et de l’Ajustement Structurel.
On assiste subséquemment au retrait progressif de la Production Nationale
et à la pénétration subséquente du marché haïtien. Nos producteurs locaux
ne peuvent pas faire face à la concurrence des Multinationales agro
alimentaires dont les filiales sont, pour la plupart, implantées en
République Dominicaine

Des conséquences encore plus désastreuses en découlent. Citons entre
autres :

- le renchérissement des coûts d’approvisionnement des produits
alimentaires
- les conflits fonciers parce que le peuple souverain se passe de tout
titre de propriété et ignore les lois municipales. Il construit n’importe
où et n’importe comment
- la multiplication rapide, comme des champignons, des pôles de croissance
urbaine sous forme de bidonvilles
- la saturation de la plupart de nos infrastructures. Les rues sont bondées
de gens comme on envoyait le troisième jour des Carnavals à
Port-au-Prince. Insuffisance d’accueil dans nos écoles, nos hôpitaux etc.
- l’aggravation des difficultés de transport .Des motocyclettes et des
engins de toute nature encombrent nos rues en augmentant les risques
d’accident de la circulation

Selon les nouvelles données publiées le 17 décembre 2008 par l’IHSI : la
population haïtienne qui était de 500 mille en 1804 a atteint 3.221.000 en
1950 soit une augmentation de 2.721.000. Le dernier recensement accuse
une population de 9.293.000 habitants et prévoit 11 millions en 2015.
Signalons que les méfaits se font ressentir au niveau de la population de
nos villes dont la taille a augmenté de 25% à 40% de 1982 à 2003. Le schéma
est identique dans nos grandes agglomérations urbaines telles que Gonaïves,
Port de Paix, Cap-Haitien Jacmel, Jérémie, Cayes etc. qui dépassent
actuellement 100.000 mille habitants. Selon Francesco Gosetti : « 
Port-au-Prince absorbe plus d’un tiers, soit 39%, de la population totale
du pays. »

Non seulement il faut nourrir et loger cette population dont l’effectif
augmente d’année en année mais encore il faut trouver des emplois pour la
population active c’est-à-dire en âge de travailler. La suppression des
barrières douanières par le Traité du Libre-échange et la colonisation de
nos douanes par le Club de Bourdon réduisent les recettes de l’Etat à une
véritable peau de chagrin. D’où l’augmentation du taux de chômage et
l’impossibilité manifeste de répondre aux besoins en infrastructure
qu’exige cet excès de la population. Nos jeunes sont aux abois ! Leurs
familles vivent d’expédients. A plusieurs titres, la politique
macro-économique suivie par le Président René Préval dès son premier
mandat, dans un rapport compromission/soumission avec l’orthodoxie
néo-libérable, est à l’origine de l’anémie de l’Economie haïtienne. En
effet la libéralisation du commerce du ciment, du sucre, de la farine, de
l’huile a eu pour conséquences immédiates la fermeture et la privatisation
de :

- La Hasco à Port-au-Prince, Darbonne à Lêogâne, Welch au Cap-Haitien, la
Centrale Dessalines des Cayes. Une simple analyse de la demande de sucre
nous donne une idée du tort causé par cette décision irresponsable,
criminelle et anti-nationale du Premier Ministre Jacques Edouard Alexis.
Haïti dont la vocation sucrière séculaire dépasse nos frontières est
aujourd’hui réduite à importer du sucre. Il en résulte l’abandon de la
culture de la canne à sucre et un manque de revenu pour nos paysans, nos
chauffeurs de camions qui assuraient le transport de la canne des centres
de production vers les usines , des travailleurs et du personnel
administratif.
- Le Ciment d’Haïti S.A à Fond Mombin produisait un ciment de qualité
supérieure depuis son inauguration par le Général bâtisseur, Paul Eugène
Magloire. D’où l’entrée de recettes substantielles dans les caisses de
l’Etat pour financer certains projets. Signalons que le ciment et le sucre
d’Haïti étaient exportés à l’étranger et constituait deux sources
importantes de devises américaines pour l’équilibre de notre balance de
paiement.
- La Minoterie d’Haïti quoique dépendante de l’importation du blé nous
permettait d’avoir en volume suffisant et à un prix relativement réduit
pour satisfaire nos besoins en farine et surtout en pains sur toute
l’étendue du territoire de la République d’Haïti
- L’ENAOL au niveau de la production de l’huile, non seulement répondait
avec aisance à une grande partie de nos besoins domestiques mais encore
assurait un salaire substantiel aux producteurs de soya de la Plaine du Cul
de sac et d’ailleurs.

L’arrêt net du fonctionnement de ces centres de production
agro-industrielle et leurs ventes au rabais aux colons noirs du Club de
Bourdon, affectent négativement le Produit Intérieur Brut ou PIB, augmente
le prix de ces produits qui sont maintenant importés, complique leur
ravitaillement qui devient très aléatoire. Ils coûtent beaucoup plus cher
parce qu’ils sont importés. Le prix du transport, les charges fiscales et
la marge bénéficiaire exorbitante du Club de Bourdon augmentent
considérablement sont autant de charges additionnelles que supporte le
consommateur haïtien. Dire que dans le contrat signé avec le Gouvernement
les acquéreurs avaient pour mission de continuer la production sur une base
plus rentable. D’où la raison de leur privatisation. Il est plus lucratif
pour cette Bourgeoisie Comprador de commander ces produits.

D’une part, nous partageons avec satisfaction les conclusions de Francesco
Gosetti di Sturmeck, chef de la délégation de l’Union européenne en Haïti
au sujet de la publication de l’IHSI à savoir : « Les projections, qui
nous sont présentées, viennent combler des besoins urgents en information,
elles permettent dès à présent de prévoir l’avenir avec plus de réalisme,
de pertinence, et d’envisager des actions efficaces devant mettre en
harmonie la distribution géographique de la population avec celle des
infrastructures, notamment sociales et économiques » D’autre part, nous
doutons de la sincérité de la déclaration trop fantaisiste du Ministre
Dorsainvil qui vise un horizon trop lointain en affirmant « Avec ces
statistiques, nous pouvons mieux planifier l’avenir et prévoir la taille de
la population haïtienne en 2050 (…) Nous pouvons également nous faire une
idée, de façon plus objective, des défis auxquels nous aurons à faire face
 : les écoles, les centres de santé à construire, les emplois à créer ».
Nous serons tous morts !

Nous refusons d’avaler cette couleuvre de l’expert du PNUD qui affirme : « 
Le problème d’Haïti, ne réside pas dans sa densité de population ou son
éventuelle explosion démographique. L’aspect population et ressources
disponibles est aussi un élément extrêmement important qu’il faut garder à
l’esprit. » Nos ressources minières sont vendues au rabais et in cognito
aux étrangers. Un hélicoptère américain est tombé dernièrement dans un lot
boisé. Que transportait-il ? Les caisses publiques sont pillées par les
privilégiés du régime. Nous avons suffisamment de richesses pour satisfaire
les demandes de nos citoyens. Nous disons non à Joël Boutroue,
coordonnateur humanitaire et représentant du Programme des Nations Unies
pour le développement (PNUD) en Haïti. Nous affirmons haut et fort que :
l’énigme démographique et l’impéritie de nos dirigeants encouragée par la
Politique Néo Libérale, demeurent au cœur de la problématique haïtienne.








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