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Plaidoyer de la diaspora haïtienne pour son intégration totale

samedi 26 avril 2014 par Administrator

Une pléiade de compatriotes de la diaspora haïtienne venus de la Guyane française, de la République dominicaine, des États-Unis, de la France, de la Suisse et du Canada ont, dans le cadre de la semaine de la diaspora, pris part les 22 et 23 avril 2014, à deux journées de réflexion tenues à l’hôtel Royal Oasis. Organisée sur le thème « Pour l’intégration et la participation active de la diaspora », cette rencontre a été l’occasion pour les participants de produire des réflexions pour une participation active mais totale de notre diaspora estimée à 2 millions de personnes à travers le monde

Les intervenants, en majeure partie des membres de la communauté haïtienne de l’extérieur, ont touché des questions diverses sur le développement d’Haïti, la participation de la diaspora dans le domaine de la santé, les possibilités d’investissement dans le pays, la création de richesse, etc. Ces deux journées ont été animées et riches en discussions et débats.

Plusieurs points comme la structuration de la diaspora et le renforcement du MHAVE, les points de vue de la diaspora vis-à-vis de la Constitution amendée et son droit de vote, les avancées de son intégration par rapport à la Constitution amendée, le cahier du retour de la diaspora étaient à l’ordre du jour.

Réclamation des droits civiques et politiques

Des compatriotes de la diaspora, qui évoluent depuis des années à l’étranger et qui occupent de hautes fonctions dans leur pays d’accueil et dont les interventions étaient axées sur le vote de la diaspora, ont d’une seule voix réclamé les droits civiques et politiques qui leur permettront entre autres, de voter aux élections, de participer à la gestion de la chose publique en Haïti. On peut citer Me Makhandal Champagne, magistrat de l’État de New Jersey, Me Richard Champagne, président des Associations des avocats haïtiens de la Floride, le juge Lionel Jean-Baptiste de Chicago, Peter Helder Bernard de la Floride et Edwin d’Haïti de France.

Seule voix discordante, Me Osner Févry, confie aux compatriotes de la diaspora que la Constitution amendée reconnaît la multiple citoyenneté, il suffit de remplir les conditions nécessaires à ce vote. L’homme de loi a prévenu les compatriotes de l’extérieur que l’intégration doit être à plusieurs niveaux. D’abord dans les pays d’accueil et ensuite dans le pays d’origine. Pour arriver au vote de la diaspora, Me Févry a fait mention de 7 aspects fondamentaux qui permettraient à toute personne voulant jouir pleinement de ses droits civils et politiques. Il s’agissait d’un cadre matériel physique et géographique, économique, administratif, technique, politique, juridico-légal et institutionnel.

« Je me considère comme un produit intellectuel de la diaspora, car une partie de ma formation est acquise dans des universités étrangères. Mais je crois que la diaspora doit s’organiser sur une base rationnelle en termes de représentativité institutionnelle afin d’identifier des leaders potentiels. Mais soyez moins arrogant et plus souple », dit Me Févry, qui conseille aux compatriotes de créer un haut commissariat de la diaspora pour mieux faire valoir leurs droits. Cet organe de représentation d’un haut conseil mondial de la diaspora haïtienne sera constitué de plusieurs organismes en provenance des différentes communautés de la diaspora à travers le monde. Ce haut conseil chercherait l’accréditation des organismes internationaux comme l’OEA et l’ONU et aussi de l’État haïtien afin d’avoir des sénateurs et des députés qui puissent le représenter valablement.

Les avancées sur l’intégration de la diaspora

Intervenant à ces assises, les directeurs généraux du ministère des Haïtiens vivant à l’étranger (MHAVE), de l’Office national d’Identification (ONI) et des Archives nationales d’Haïti, ont fait le point sur le processus à suivre pour obtenir des documents légaux en Haïti. Marc Élie Nelson, directeur général du MHAVE, a fait savoir qu’il a déjà effectué en ce sens des visites exploratoires aux les Iles Turques & Caïcos et en Guyane Française pour évaluer la situation.

Dans son intervention, Wilfrid Bertrand, directeur des Archives nationales d’Haïti, a promis que d’ici l’automne prochain, le projet visant à fournir des documents de l’état civil aux « sans papiers haïtiens », doit débuter en République dominicaine. Selon lui, la carte d’identification nationale, les documents d’enregistrement de naissance, les extraits d’Archives, etc., deviennent accessibles à tous. En ce sens, un comité est créé pour faciliter la délivrance des documents de l’état civil aux personnes en situation irrégulière dans des pays comme la République dominicaine, les Bahamas, les Iles Turques & Caïcos, la Guyane, etc.

S’il faut croire aux nombreuses promesses, l’ONI a promis d’apporter la Carte d’identification nationale (CIN) aux membres de la diaspora dans leur pays d’accueil leur permettant de participer aux élections. Parallèlement, un accord a été signé en ce sens entre le MHAVE, le MAE, l’ONI et les Archives nationales.

Cahier du retour de la diaspora

Un groupe de jeunes, nés pour la plupart à l’étranger, ont dans leur propos ébloui l’assistance par leur dynamisme, leur attachement à Haïti, leur réussite économique, et leur désir de contribuer au développement du pays. Ces jeunes, conduits par Monica Ricourt, revendiquent leur appartenance au pays, car ils croient dans le projet « pitit pitit peyi a avek nou ». Parmi eux, Carl Henry Péricles, Carla Beauvais, Clifford Barron, Esperanza Strezar et Léana Archer, disent investir leur compétence et leur savoir-faire dans plusieurs domaines au profit de leur pays d’origine. Selon ces jeunes du cahier de retour de la diaspora, Haïti se résume en humilité, amour, intégrité, transparence et intelligence.

Yves André Rameau, président de l’association Konbit en Guyane Française, estime, quand on parle de diaspora haïtienne, qu’on a tendance à ne voir que les communautés haïtiennes de l’Amérique du Nord (les États-Unis et le Canada). Certainement, l’importance numérique de nos différentes communautés, implantées aussi bien sur le territoire états-unien que sur le territoire canadien, semble justifier cette polarisation. Toutefois, il croit que les communautés haïtiennes qui se trouvent en Afrique, en Europe et dans la région caribéenne, notamment celle de la Guyane, ont leur rôle à jouer afin de sortir de ce flou, politique pour le bien d’Haïti.

Pour Edwin d’Haïti, le MHAVE est un ministère d’importance pour les communautés haïtiennes de l’étranger. Le MHAVE doit unifier les organisations de la diaspora en vue d’influencer les décisions politiques en Haïti. Pour sa part, Dominique Desmangles, qui réside en Suisse depuis une vingtaine d’années, confie que les organisations haïtiennes ne sont pas vraiment structurées là-bas. Toutefois, Mme Desmangles croit que le MHAVE a un grand rôle à jouer pour structurer la diaspora. Le MHAVE, dit-elle, doit demander aux associations de rendre compte de leurs activités enHaïti. A titre d’exemple, elle a expliqué qu’une quinzaine d’associations haïtiennes travaillent en Suisse mais sans aucune méthode.

Dr Pierre Paul Cadet, de l’Association médicale haïtienne (AMH), croit, pour sa part que le MHAVE doit identifier les ressources humaines compétentes de la diaspora. De son côté, le Juge Lionel Jean-Baptiste de Chicago pense, qu’il est temps de se mettre ensemble pour aboutir à une résolution. Car la diaspora constitue une force pour le pays.

Jose Joachim Davilmar, Perspectives haïtienne en Floride, déclare que malgré les nombreuses contributions de la diaspora haïtienne, il reste, certes, des défis à relever. Il a, une fois de plus, sollicité l’implication active et concrète de ses compatriotes pour l’avancement d’Haïti. « Malgré la distance qui nous sépare de notre terre natale, nous devons nous tourner vers notre pays d’origine, afin de servir de passerelle pour apporter notre contribution si nous voulons arriver à la nouvelle Haïti dont nous rêvons tous », poursuit-il.

Les compatriotes de la diaspora ont manifesté une grande volonté d’aider les Haïtiens du terroir à apporter des solutions aux problèmes éducatifs, de chômage, de santé etc. Le ministre Guillaume II a fait savoir qu’il oeuvre pour redynamiser ce ministère, en mettant en œuvre un plan d’action avec une feuille de route. Selon lui, cette feuille de route, du MHAVE, est surtout celle de tous les Haïtiens de la diaspora ; elle sera réalisée via le slogan IMRE, en vue d’initier une campagne de recensement, de mobiliser la diaspora vers la création d’un fonds d’investissement, de redorer l’image d’Haïti àl’extérieur et d’établir un réseau de centres d’accueil.

« Je me réjouis, en tant que ministre des Haïtiens vivant à l’étranger, d’être à l’avant-garde de cette politique d’Etat, et de la satisfaction de pouvoir compter sur la bonne volonté et l’engagement manifeste de tous les secteurs concernés, prêts à apporter leur contribution à la concrétisation de cette vision », dit M. Guillaume II, qui a rassuré que des résolutions sortiront de ces discussions.

Amos Cincir
mcincir@lenouvelliste.com

Voir en ligne : Le Nouvelliste







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