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Quel avenir pour les enfants d’Haïti ?

mardi 1er novembre 2011 par Wadner Isidor

On dit souvent que les enfants sont l’espoir de demain. Cet espoir ne dépend-t-il pas de l’encadrement qu’il convient de donner aux enfants ? L’avenir du pays dépend inévitablement de l’avenir des enfants d’aujourd’hui. Pour une Haïti meilleure il faut donner aux enfants l’encadrement nécessaire et de bons exemples qu’ils devront suivre à l’avenir.

On dit souvent : « Enfant d’aujourd’hui, adulte de demain ! », ce qui signifie que les enfants sont l’espoir de demain. Dans cette même lignée, quelle est la place des enfants dans la société d’aujourd’hui ? Il est un fait certain que l’avenir du pays dépend des adultes, qui ont la responsabilité et la mission de donner aux enfants l’éducation et la formation nécessaires, puis le bon exemple pour un demain meilleur.

Les enfants représentent plus de 50% de la population haïtienne et plus de 50% d’entre eux ne peuvent prendre le chemin de l’école pour qu’ils puissent se meubler l’intelligence et deviennent des hommes et des femmes conséquents à l’avenir. Depuis quelques années déjà on claironne l’affaire d’éducation pour tous en vue d’appuyer l’article 32-1 (Section F) de la constitution en vigueur qui stipule que : ‘’L’éducation est une charge de l’État et des collectivités territoriales. Ils doivent mettre l’école gratuitement à la portée de tous, veiller au niveau de formation des enseignants des secteurs publics et privées’’. Et, pour y ajouter, l’article 32-3 déclare que : ‘’L’enseignement primaire est obligatoire sous peine de sanctions à déterminer par la loi. Les fournitures classiques et le matériel didactique seront mis gratuitement par l’État à la disposition des élèves au niveau de l’enseignement primaire’’. Tandis que près de 40% des enfants de la capitale ne vont pas à l’école à l’heure actuelle. D’après la déclaration universelle des droits de l’homme et du citoyen, l’éducation est un droit fondamental. C’est la première source de développement de l’être humain. Car l’objectif de l’école depuis bien des siècles écoulés c’est former l’individu qui est un projet en devenir afin d’être utile à sa communauté. Mais malheureusement l’éducation demeure encore un privilège et un luxe pour les enfants de la masse défavorisée, au gré des gouvernants du pays.

Dans un pays où aller à l’école est une chance que plus de la moitié de la population n’en a pas, que peut-on espérer dans un futur proche ? La problématique des droits de l’enfance en Haïti est encore une chose à l’étude puisque rien de concret n’est jamais fait. On n’est pas sans savoir qu’il y a des capitaux qui s’acquièrent au nom des droits de l’enfance depuis tantôt 20 ans, et les principaux bénéficiaires sont toujours les politiciens et les ONG. Quand on constate dans quelle condition lamentable et attristante se trouvent la majorité des enfants dans la capitale comme dans les villes de province pour recevoir le pain de l’instruction on se demande si le concept existe déjà en Haïti, ou sont-ils conscients des implications des droits de l’enfance que plaident les nations unies et tant d’autres organismes internationaux.

Le gros dans la question des droits de l’enfance en Haïti reste les enfants en domesticité qui n’ont aucun droit comme nous le présente Maurice Sixto dans sa pièce « Ti Sentaniz ». Aujourd’hui, plus de 100 000 enfants sont en domesticité dans le pays et environ 10 000 en République dominicaine particulièrement dans les Batey. La majorité de ces enfants n’ont pas droit à l’école, ni d’être traités comme des humains parce que tout simplement qu’ils sont issus de la classe défavorisée et souvent orphelins ou orphelines et sont donnés à des gens en vue de les soutenir en échange de service, mais ce qui se passe dans la réalité est tout à fait déplorable au point que plusieurs sont morts à cause de la maltraitance. De plus, ils n’ont pas accès aux loisirs voire une alimentation scène et équilibrée, et sont devenus des esclaves, n’ayant ni confort, ni soin d’hygiène. La question des enfants domestiques a déjà été l’objet de débats depuis tantôt 10 ans, mais rien de concret n’est fait jusqu’à date. Tandis le nombre s’agrandit de plus en plus et les pratiques ne changent pas.

L’affaire des enfants de rue dont le nombre augmente chaque jour à cause de l’intensification de la pauvreté en Haïti où les parents se trouvent incapables d’assumer leur responsabilité et la maltraitance que subissent la majorité des enfants en domesticité. Avant janvier 2010, il y a eu plus de 100 000 enfants dans les rues en Haïti et après le séisme du 12 janvier le nombre a augmenté d’environ 25%, car nombreux sont devenus orphelins et donc sans aucun recours. En général, ils pourchassent leur pain quotidien en demandant aux passants, en essuyant les vitres des voitures et les plus âgés se livrent à la prostitution et à toutes mauvaises actions. À partir des années 2000, un phénomène a pris chair dans le pays celui de la prostitution juvénile, des petites filles comme des petits garçons vendent leur chair pour se nourrir au point qu’on trouve aujourd’hui de la pornographie juvénile sur le marché haïtien, et meme des enfants de 8 à 12 ans qui sont déjà des prostitués. Quel crime !

Ce qui nous indigne il semblerait que ces problèmes qui gangrènent la société et qui pourraient être hypothétiques même pour l’avenir du pays ne préoccupent aucunement les dirigeants haïtiens ainsi que les organismes qui s’occupent des droits de l’enfance. Comment des gens qui répètent au quotidien que les enfants sont l’espoir de demain pendant plus que la moitié des enfants de la masse défavorisée n’ont pas accès à l’éducation et plus de 60% de ceux qui ont commencé en primaire n’arrivent pas à boucler leurs études secondaires ? Est-ce cela une conduite responsable dans la gestion d’un pays où nous sommes très loin d’avoir un standard et d’être compétitif à l’échelle internationale au moment où l’on parle d’internationalisation de la connaissance ? Ce système qui ne prend nullement compte des droits de l’enfance au point de vue national ne crée-t-il pas plus de discriminations et de frustrations qui sont l’objet d’exclusion sociale et peuvent conduire à la délinquance et la violence incessante ? Toutefois, Il convient d’aborder le problème des droits de l’enfance dans toutes ces dimensions en vue de parvenir à la meilleure solution si l’on veut vraiment donner aux enfants leur place dans la société d’aujourd’hui afin qu’ils puissent apprendre de nous de bonnes choses pour un meilleur avenir. Car, si tel n’est pas le cas demain sera pire. Que les responsables du pays puissent donner aux enfants haïtiens l’encadrement nécessaire pour qu’ils deviennent des citoyens conséquents et soient capables de faire mieux que les générations antérieures, telle est l’attente des sociétés avisées.

Wadner Isidor

wadneri26@yahoo.fr








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