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Rareté artificielle de dollars : les clients, les grands perdants - par : Pierre Ricardo Placide

lundi 12 décembre 2011 par Administrator

Les rumeurs concernant une rareté de dollars américains dans le système financier haïtien continuent de tenir en haleine l’actualité haïtienne. L’ampleur de celle-ci a poussé les responsables monétaires à prendre des mesures visant à remettre, des 2012, les transferts internationaux en monnaie locale. Cependant, une telle décision laisse planer des zones d’ombres en ce qui a trait aux impacts de celle-ci sur les bénéficiaires de ces transferts.

Les rumeurs concernant une rareté de dollars américains dans le système financier haïtien continuent de tenir en haleine l’actualité haïtienne. L’ampleur de celle-ci a poussé les responsables monétaires à prendre des mesures visant à remettre, des 2012, les transferts internationaux en monnaie locale. Cependant, une telle décision laisse planer des zones d’ombres en ce qui a trait aux impacts de celle-ci sur les bénéficiaires de ces transferts.

La frénésie provoquée par la prétendue « rareté de dollars » dans le système bancaire haïtien constitue la tête d’affiche de l’actualité socio-économique en cette fin d’année de 2011. Nombreux sont les observateurs de divers secteurs de la vie nationale qui essaient d’expliquer cette rareté. À rappeler qu’à la fin du mois de novembre de nombreux clients de diverses banques du pays se sont vu refuser la somme qu’ils voulaient retirer sur leur compte bancaire. Une situation qui laissait croire que le système faisait face à une rareté de dollars.

Non, ont rétorqué les autorités monétaires haïtiennes qui ont déclaré du même coup que les réserves de change d’Haïti n’ont jamais été aussi bonnes, tenant compte des améliorations économiques qui ont eu lieu au cours de ces deux dernières années. Actuellement, le pays dispose de 1.2 milliards de dollars de réserve, ce qui est du jamais vu dans notre histoire poursuit Maxime Charles, le Président du conseil d’administration de l’Association des Professionnels de Banque (APB). Celle-ci est liée au fait que beaucoup de personnes voulaient récupérer ces valeurs qui entraient dans le système sous forme de cash, certaines entreprises allant jusqu’à payer leurs factures en dollars. Au niveau des programmes Cash for Work certaines ONG voulaient avoir du cash pour payer directement les bénéficiaires tout ceci sans aucun besoin économique réel de l’utilisation de ce cash.

Une décision à l’encontre des bénéficiaires de transferts

L’ampleur de la situation a poussé d’ailleurs le gouverneur de la banque centrale, Charles Castel, à prendre des décisions d’envergure dont celle décidant de remettre en gourdes tous les transferts en provenance de l’étranger dès janvier 2012. Une décision qui est tout à fait juste vu que la monnaie locale étant la gourde. Cependant, celle-ci pourrait aussi avoir des conséquences néfastes sur les bourses des consommateurs finaux dans une certaine mesure.

Une telle mesure serait la bienvenue dans un pays où les autorités centrale et locales sont bien structurées et qui forceraient les acteurs économiques à libeller en monnaie locale les biens et les services qu’ils écoulent sur le marché local. Mais dans un pays tel qu’Haïti, où nos institutions sont mal structurées, une telle initiative laisse derrière elle des zones d’ombre épaisses. Autrement dit, celle-ci défavoriserait bon nombre de consommateurs locaux vu que le manque de confiance dans la monnaie nationale incite les agents économiques à la dollarisation de leurs transactions et de leurs réserves propres. Une situation qui est similaire à tous les pays où la monnaie locale est volatile, le dollar américain est devenu la valeur refuge. .

À titre d’exemple, imaginez-vous qu’un chef de ménage reçoive 100 $ de ses proches vivants à l’étranger, si le taux de change à la vente serait de 40 gourdes pour un dollar américain, celui-ci recevra en contrepartie la somme de 4 000 gourdes. Et si cette même personne décidait de se procurer d’un bien ou d’un service qui est libellé en dollars américains celle-ci devra débourser plus que 4000 gourdes pour les cent dollars américains pour se procurer de ce service quand on sait que le taux de change à l’achat est toujours supérieur à celui de la vente. Même si le prix était affiché en gourdes, celui-ci serait calculé par rapport au prix d’achat du dollar car les fournisseurs importent en dollars américains. De ce fait, c’est le consommateur final qui paierait les frais et on se demanderait aussi si on ne se convergerait pas vers la fin du métier de cambiste ?

Et si l’économiste Eddy Labossière disait vrai

À propos de ce scandale, l’économiste Eddy Labossière a fait part de ces préoccupations en mettant en exergue la probable culpabilité de certaines banques commerciales qui ont pu émettre de fortes sommes d’argent à des particuliers même en cette période de « rareté ». Selon M. Labossière, les banques commerciales tirent aussi des profits de la dépréciation de la gourde en raison de leurs actifs exprimés en dollar, spécifiant également que l’afflux de dollars que reçoit l’économie n’occasionne pas pour autant l’appréciation de la monnaie nationale, et que toute rareté donne lieu à une augmentation de prix. Ce qui joue en leur faveur.

Dans un pays où les autorités monétaires remplissent pleinement leurs fonctions de régulateur du système, une telle situation diligenterait une enquête immédiate sur la responsabilité ou non de ces institutions financières dans cette affaire. De plus, aucune réaction officielle du gouverneur de la BRH concernant l’insatisfaction des clients qui n’ont pas pu retirer leur argent auprès de ces banques. Est-ce que les banques commerciales, ne leurs doivent pas, au moins des excuses publiques, pour des services non rendus ou de discrimination envers ces clients ?

ppricardo1983@yahoo.fr

Pierre Ricardo Placide








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