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THÈME : LA CRISE FINANCIÈRE AMÉRICAINE – « ANALYSE ET SOLUTIONS »

mercredi 25 février 2009 par Emmanuel Dieudonné Kaldjob

LA CRISE FINANCIÈRE AMÉRICAINE – « ANALYSE ET SOLUTIONS »

Communication du professeur : Emmanuel Dieudonné Kaldjob

C’est avec beaucoup d’intérêt que je vais vous livrer mes impressions en tant qu’économiste et mon sentiment personnel du phénomène en question. Mais avant, je remercie sincèrement le professeur Denis Bolduc et toute son équipe qui ont bien voulu m’honorer de cette invitation à l’Université McGill, l’une des plus prestigieuses institutions universitaires nord-américaines.

La crise financière est d’abord et avant tout une crise économique, c’est-à-dire qu’elle se manifeste au cœur du processus de production, de répartition et de consommation. Le processus en lui-même est un tissu de transactions et d’échanges mutuels concrétisés par la monnaie. Qui dit monnaie symbolise la finance.

Si la finance est en crise, c’est tout le système économique qui s’écroule. D’où la nécessité de comprendre ce qu’est la crise économique. Qu’est-ce que la crise économique ?

Ce n’est ni une simple panne dans un processus socio-économique reproductible à l’identique ni la faillite d’un système. C’est la manière dont le processus économique s’organise à la réparation de ses erreurs dont sont résorbés des déséquilibres accumulés. La crise économique est un indicateur économique de décroissance : elle trace le seuil critique de la croissance économique. Tout système a besoin de la crise pour lui permettre de saisir les limites de sa reproduction élargie et d’en établir les bases de la relance ou des nouveaux déploiements. C’est un processus objectif de changement. La crise économique permet alors à un système économique de mieux s’organiser pour gérer ce changement. C’est une étape normale du cycle économique. Elle est aussi naturelle que l’expansion. La crise et l’expansion sont les deux pôles fondamentaux de la dynamique économique, c’est-à-dire les deux facteurs qui entretiennent le fonctionnement du système économique en tant que mouvement cyclique. La crise symbolise la rareté et l’expansion symbolise la rationalité : rareté et rationalité constituent le couple mère de la science économique (voir l’objet des sciences économiques).

La crise économique est l’étape du cycle économique qui exige de repenser le système économique pour l’adapter aux nouvelles réalités qu’elle impose. À cet effet, les acteurs économiques (publics ou privés) doivent se remettre en question et prendre de nouvelles initiatives de créativité et d’innovation, d’organisation et de gestion, de suivre de nouvelles orientations et de nouvelles directives. Une telle disposition permettra aux acteurs économiques de développer un nouveau sens de responsabilité économique, de prendre des mesures de rationalité conséquente et des mesures d’éthique et de morale économique pour assurer une relance économique réelle et efficace.

La situation financière américaine que les journalistes et les hommes politiques ont nommée crise financière n’en est pas une. La crise financière ne peut être aussi subite aux États-Unis. Un pays qui abrite toutes les grandes écoles de la pensée économique, qui regorge d’autant d’experts en la matière et d’autant de prix Nobel en économie, qui a développé autant d’outils de prévision économique à court et à moyen terme ne peut pas être surpris par une crise financière. Étant donné que la crise économique est une étape objective du cycle économique et que ce dernier donne au système économique la possibilité de cerner la périodicité de ces mouvements, tout système économique a toujours le moyen d’anticiper les effets d’une crise.

Il n’y a pas crise financière aux États-Unis. Moins encore, une récession économique. La situation décriée aux États-Unis est une simple scène de ménage. C’est un conflit amoureux vieux comme le monde. C’est un problème de couple entre le capital (l’époux) et la force de travail (l’épouse). L’épouse a donné beaucoup d’enfants sous la pression de son époux. Les enfants se sont cristallisés autour de l’époux en l’enrichissant abondamment. L’époux ne semble pas reconnaissant et manifeste une ingratitude insolente : l’épouse est sevrée de son droit de reproduction qui est le seul moyen de sa survie (le travail et le salaire). Elle exprime son mécontentement. Plusieurs fois, elle manifeste son désir de négocier. Malheureusement pour elle, l’époux est juge et partie. La requête de l’épouse est donc sans objet. Voilà qu’un juge éclairé vient supplanter l’époux. Ce dernier tient à rendre justice selon le code de la vérité. L’époux a peur de la vérité, et il va cacher ses avoirs. Quel sera le sort de l’épouse ? Nous attendons le verdict du nouveau juge.

DE QUOI EST-IL QUESTION ? QU’EST-CE QUI EXPLIQUE LA PÉNURIE FINANCIÈRE AUX ÉTATS-UNIS ?

Le capitalisme américain est tombé dans le piège du gain facile et immédiat. Chaque dollar doit apporter un dollar de plus aujourd’hui. Il n’est plus question d’attendre douze (12) mois d’exploitation pour réaliser son profit et dix (10) à quinze (15) ans pour assurer les temps de retour d’un’investissement. C’est trop long et parfois précaire, dans des conditions économiques incertaines. Cette option a commencé avec quelques investisseurs. Ceux-ci ont vu leurs placements se multiplier en progression géométrique. Le placement boursier est devenu alors un phénomène de mode et un raccourci économique qui a embrasé tous les hommes d’affaires. Voilà comment l’État et les financiers du système économique américain ont perdu de vue le risque de la désertion du capital du système de production américain. L’argent ayant déserté les circuits de production pour les circuits de spéculation financière, l’économie américaine a commencé par s’affaiblir.

Premier constat : Une chute du taux d’investissement entraîne une forte réduction des moyens de production avec son corollaire, la baisse massive des effectifs de travailleurs. C’est la première vague de licenciement..

Deuxième constat : Une indigestion financière. Trop d’argent en spéculation, une tendance soutenue à la diminution du nombre des entreprises et un affaiblissement d’activité pour les quelques entreprises survivantes entraînent une baisse de la capacité d’absorption des actions. La liquidité à flots, l’argent flotte et la production baisse. C’est une inflation galopante.

Troisième constat : La baisse du taux d’investissement entraîne la baisse de la production ; dans un contexte d’inflation galopante, les marchés de biens et services et même les marchés financiers s’effondrent. Il n’y a presque plus de pouvoir d’achat. Les entreprises sont dans une situation de surproduction. C’est la deuxième vague de licenciement.

Quatrième constat : L’économie américaine est suffisamment affaiblie. Il faut désenclaver les entreprises en surproduction, désengorger les chaînes de fabrication pour donner une bouffée d’oxygène à l’industrie. Il faut donc baisser la valeur du dollar américain pour favoriser l’exportation massive des stocks industriels. Alors, le dollar américain perd de sa valeur. C’est la dévaluation du dollar américain. Cette situation vient soutenir une inflation déjà galopante.

Aussi, le financement des guerres, une opération sans contrepartie économique, vient enfoncer le déficit budgétaire américain et baisse considérablement le prix du dollar en valeur réelle. Tous ces constats n’ont pas justifié une baisse successive du taux de croissance sur trois trimestres. Nous ne pouvons donc pas parler ni de la crise financière ni de la récession économique aux États-Unis au sortir du Gouvernement républicain. Ce serait une drôle de coïncidence .

EN GUISE DE SOLUTION : Je ne peux pas parler de solution. Ce serait très prétentieux. Je pose un diagnostic et pense fermement que la situation financière américaine est un coup de théâtre. Elle est montée de toutes pièces ; elle peut donc être démontée. C’est une question de volonté politique. Il suffit d’une stratégie de concertation qui fasse asseoir les parties sur une table de négociation pour se mettre d’accord sur un modèle économique pouvant sécuriser chaque entité.

Après les résolutions d’une telle négociation, l’argent devrait rentrer dans les caisses du système pour financer l’économie. Il sera réinjecté dans les circuits de production pour créer des emplois. Les emplois permettront de distribuer les revenus. Les gains économiques dégagés par le système favoriseront la constitution d’un fonds d’aide sociale pour assurer la redistribution. Ce sera la relance économique par la consommation.

Au cours de cette opération du financement de l’économie, il faudra mettre l’accent sur le soutien financier des entreprises à haute intensité en main-d’œuvre, l’encadrement financier des petites et moyennes entreprises, le financement des créations d’entreprises, en priorité dans les sous-secteurs d’exportation et de la manufacture, en privilégiant les promoteurs qui détiennent des contrats d’exportation et des contrats de vente fermes. La recherche et développement devra être financée par l’impôt sur les bénéfices pour éviter le poids de la péréquation économique sur les marchés des biens et services.

Question : Pensez-vous que la démarche ainsi envisagée suffirait pour établir l’équilibre du système économique américain ? De quel équilibre faites-vous allusion ? Ne tombez-vous pas dans la grande illusion de l’économie politique classique qui confond le déséquilibre stable à un équilibre économique ?

Pour répondre à votre question, très sincèrement, je n’y pense pas. Et ce, pour quelques raisons, parmi lesquelles :

1) L’équilibre est un état du mouvement qui est très exigeant en termes de fiabilité des facteurs. Il l’est encore plus en science économique parce que l’économie évolue dans le contexte de l’incertain. Tout peut arriver à chaque instant du temps : une grande unité de production peut prendre feu en exposant 3 000 employés au chômage ou en exigeant des fonds imprévus à la reconstruction. Un champ minier peut s’écrouler, un bateau de pétrole peut se retrouver au fond de l’océan, un tsunami peut détruire autant d’usines, un glissement de terrain peut détruire des infrastructures très coûteuses. 2) La science économique, de par son objet, résout une équation très complexe : concilier la satisfaction du besoin et la lutte contre la rareté. L’économie est l’art de satisfaire un besoin en passant par le processus de production, de répartition et de consommation. Sa complexité s’explique par le fait que le besoin est une entité insaisissable, infigurable et élastique. Malgré tous les outils de rationalité disponibles (comme les mathématiques, l’économétrie, la recherche opérationnelle, la programmation linéaire et la gestion), il est impossible de contenir le besoin dans des proportions mesurables. La satisfaction d’une telle entité dans un environnement économique caractérisé par la rareté et l’incertain peut être un facteur tendanciel de déséquilibre du système économique dans un contexte d’irrationalité. 3) Naturellement, l’équilibre stable d’un système économique est un degré de conscience économique qui semble au-dessus de la raison humaine. Le seul système économique qui fut en équilibre stable depuis la création du monde est le paradis. L’homme s’en est dérobé.

De nos jours, le déséquilibre du système économique est comme un choix volontaire de l’homme de vivre dans l’inconsistance. Sinon comment expliquer le fait que la pauvreté soit devenue un mode de vie dans un monde d’abondance ? L’économie en tant que science de la rationalité ne peut pas prospérer dans un monde irrationnel. Le déséquilibre du système économique est-il un choix naturel ? L’éveil d’une conscience économique peut-il rayer ce choix ? Comment organiser humainement un système économique et prétendre atteindre un niveau d’équilibre ? Comment organiser un système économique capable d’offrir aux acteurs et aux facteurs économiques plus d’avantages qu’un système économique en déséquilibre stable ? La prétention vaut-elle la peine dans l’ordre économique actuel ?

En réalité, un système économique est équilibré quand chaque acteur et chaque facteur économique est rémunéré à sa juste valeur. Ici, la juste valeur c’est le revenu minimum qui donne à chaque acteur et à chaque facteur la possibilité de s’assurer une reproduction élargie. Un système n’est équilibré que si tous ces acteurs et tous ses facteurs sont équilibrés, c’est-à-dire qu’ils peuvent se renouveler à l’échelle supérieure sur la ligne d’évolution du système économique, sur une longue durée (cycle long). Si un seul acteur ou un seul facteur échappe à cette logique, l’équilibre du système global est compromis.

Or, le circuit économique de base nous présente cinq (5) acteurs ou agents économiques en l’occurrence : les entreprises de production, les entreprises financières, les agents extérieurs, l’État et les ménages. Le système économique, c’est l’interaction des cinq (5). Nous pouvons le définir comme un ensemble d’acteurs dynamiquement liés par des relations mutuelles.

Il est donc évident que la désorganisation et le déséquilibre chronique des ménages ne laissent aucune chance à la réalisation d’un système économique équilibré dans notre ordre économique actuel.

Si l’économie suédoise devient l’étalon des systèmes économiques actuels, c’est simplement parce que la Suède a une vision du ménage tout à fait différente des autres pays du monde. Ce n’est pas l’idéal, mais sa politique sociale atténue les symptômes d’une mauvaise politique des ménages.

Nous avons souligné plus haut que le ménage a un double rôle dans le système économique. Il est agent actif. À ce titre, le ménage est travailleur. En d’autres termes, c’est lui qui réalise la production ou qui donne la forme consommable au produit. Aussi, il est un agent passif du système. À ce titre, le ménage est consommateur : c’est lui qui réalise le produit, c’est-à-dire qui le consomme.

Il y a donc lieu de constater que le ménage est l’épicentre du système économique parce qu’il exerce les fonctions fondamentales du système économique. Elles sont fondamentales parce qu’elles assurent le fonctionnement, la reproduction et la stabilité du système. Notons aussi avec intérêt que le travailleur et le capitaliste sont, tous deux, ménages, parce que tout consommateur part du ménage.

Le travail et la consommation sont pour le système économique ce que le pôle positif (+) et le pôle négatif (-) sont pour un circuit électrique : sans la connexion des deux, le circuit ne peut émettre ni la lumière, ni la chaleur ni la force motrice. De même, sans le travail (+) et la consommation (-) le système économique ne peut produire ni les dividendes, ni les salaires, ni les impôts et taxes, ni les intérêts, ni les amortissements ou tout autre excédent brut d’exploitation. Le travail et la consommation sont les deux vecteurs du revenu au sein de tout système économique. Il est important et extrêmement important d’encadrer les ménages parce qu’ils en sont les pourvoyeurs.

En tant qu’épicentre économique, le ménage est au centre de l’équilibre du système. Il en est la boucle. Malheureusement, le ménage n’est pas conscient de sa position dans le système économique. Il est tellement diffus qu’il ne parvient pas à s’organiser pour mener une action commune sur le marché ou sur le système en général. Sa dispersion dans le système constitue sa plus grande faiblesse que les autres agents économiques ont su mettre à profit. Ses actions singulières sur le marché fragilisent son impact et limitent les possibilités de sa propre réalisation : il est piégé par les outils du système (le marketing par exemple) conçus spécialement pour l’aliéner. Le marketing va le chercher partout où il se trouve parce que solitaire, il est désemparé face à cette arme psychologique. Il ne peut ni attaquer, ni se défendre puisqu’il n’a ni personnalité économique ni personnalité juridique alors que tous les autres agents économiques sont institutionnalisés. Ils ont une certaine vision du système et de l’environnement dans lequel ils évoluent. Ils sont organisés et sont capables de suivre les mouvements du système économique et y faire des ajustements si nécessaire. Le ménage, quant à lui, ne siège à aucune instance de décision du système ; il se présente au marché du travail pour vendre sa force de travail au prix qui lui est imposé ou au marché de biens et services pour acheter un produit ou un service au prix qui lui est exigé. Parfois, il se retrouve sur le marché de biens et services contre son propre gré. Il se retrouve parfois face à un produit ou à un service qu’il ne connaît pas, dans un magasin qu’il ne connaît pas. Il ne connaît que ce qui sort de sa poche et ne sait même pas souvent pourquoi il le sort. Le ménage, ce figurant du système économique, est la vache à lait des acteurs institutionnalisés du système. Ils viennent juste pour le traire et l’abandonner à son sort. Quand il arrive à sa limite de résistance, sous la forte pression des taux d’intérêt et des prix des biens et services qui augmentent au quotidien sans aucune logique du marché, il devient essoré comme une orange pressée. Il est comparse parce qu’il n’a plus rien à offrir au système : sur le marché du travail, il ne sait pas quand sa marchandise sera vendue ni le prix auquel elle sera acceptée. Il est chômeur. Sur le marché des biens et services, il n’a plus de moyens d’expression. Il devient une charge pour le système et un contrepoids de son équilibre. Finalement, l’arbitre du système brandit sa main (la main invisible de Smith) pour signaler son hors jeu.

À cette position, il se joint aux autres facteurs de déséquilibre du système.

Il est important que l’agent économique « ménage » s’inscrive dans une logique institutionnelle pour participer efficacement en tant qu’acteur dans le système économique. Il se doit donc de s’organiser autour des grands principes d’administration, pour prendre des initiatives, des directives, des orientations et développer des stratégies d’insertion et d’adaptation sur les différents marchés. Il devra aussi élaborer des modèles de comportement pouvant assurer sa stabilité dans le système économique global tout en entretenant et en maintenant la stabilité du système lui-même.

Les syndicats des consommateurs sont loin d’être représentatifs. S’ils ne sont pas infiltrés par le capital pour aliéner la conscience économique des consommateurs, ils brandissent des slogans inopérants ou se résignent à des revendications béates :

L’heure est à la conscience économique du ménage. L’heure est au système économique équilibré. L’heure est à la nouvelle économique politique. L’heure est à l’union des syndicats de travailleurs et des syndicats de consommateurs. L’heure est à l’union sectorielle des deux catégories de syndicats, c’est-à-dire l’union des syndicats du secteur public et du secteur privé. L’heure est à l’action collective des syndicats.

Aujourd’hui, les ménages travaillent et réalisent le fruit de leur travail au profit d’un tiers. Cela ne leur dispose même pas le revenu minimum nécessaire pour assurer ne serait-ce que la reproduction à l’identique de leur force de travail. Ils doivent désormais être conscient de la primauté de leur rôle dans le système économique et s’organiser pour que la contrepartie soit conséquente. Le ménage devra se convaincre d’une réalité qui passe inaperçue : c’est lui qui est l’acteur du système économique et le capital n’en est qu’un facteur. Les ménages doivent s’organiser institutionnellement autour de l’union des syndicats de travailleurs et des syndicats de consommateurs. Ils devront s’exprimer désormais avec cette nouvelle étiquette. Le ménage doit constituer un réel contrepoids au capital pour être un levier efficace du système économique afin d’en assurer une vraie régulation.

Une dynamique unique des syndicats de travailleurs et des syndicats de consommateurs des secteurs public et privé à l’échelle mondiale est l’un des modèles qui s’offrent au système économique mondial pour dépasser l’état des déséquilibres stables et entrer dans l’ère des systèmes économiques plus équilibrés. C’est la condition de la prétention citée plus haut : un équilibre stable. Ce n’est que dans ce contexte économique que le système peut distribuer à chaque acteur économique un revenu minium qui lui permet d’assurer la reproduction élargie de son propre système tout en entretenant l’équilibre global du système économique.

Cette nouvelle dynamique prendra en charge l’éducation financière des ménages, plus précisément l’organisation et la gestion du budget des ménages en les aidant à organiser et à gérer efficacement et de manière efficiente leur budget et à utiliser rationnellement les facilités de crédit offertes par le système bancaire. Ceci permet aux ménages d’éviter la pathologie du surendettement entretenu par les formules de type « crédit revolving » ou crédit à la consommation renouvelable.

Les ménages doivent prendre conscience du rapport revenu-dépense en assumant leur condition en tant que modèle de vie tout en cherchant à améliorer conséquemment ce modèle. Cette vision de l’organisation économique au sein de la famille, si elle est concrétisée dans le cadre de la réalisation et de la gestion du budget, va éviter aux ménages le suicide financier ou la spirale infernale de l’endettement qui s’explique par le fait de prendre un crédit pour en rembourser un autre. Cette situation est le cercle vicieux des ménages. Elle est le pesticide de leur avenir. Qu’est-ce qui reste à un ménage quand son avenir et son devenir sont compromis ? Quel sens donne-t-on à la vie dans ce contexte ? C’est une situation dans laquelle l’homme est égal à une chose quelconque : ne pouvant pas épargner, il ne peut pas investir ; ne pouvant pas investir, il cesse d’évoluer. Il mange et dort pour entretenir sa carapace. Même sa pensée est morte. L’homme est un être pensant, nous disent les philosophes. Que devient-il sans la pensée ?

Pour ma part, chaque famille devrait avoir un planificateur financier au même titre qu’un médecin de famille pour suivre la santé budgétaire du ménage.

Je termine mon propos en concluant qu’il n’y a pas de crise financière aux États Unis d’Amérique. Il y a une volonté manifeste de dérober les fonds du système économique pour les mettre à l’abri d’une nouvelle vision et d’un nouveau projet de société qui ne semblerait pas en accord avec les principes du capital.

Le capital restera-t-il toujours dans sa loge ? Trouvera-t-il un compromis pour éviter la thésaurisation ?








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