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Thèmes de l’Emission de la semaine - Par : Robert Benodin

dimanche 23 mai 2010 par Robert Benodin

Thèmes de l’Emission de la semaine

Orlando le 21 mai, 2010

Actualités Politiques : Grandes Lignes

Nous devons constater et admettre que nous avons au pouvoir un gouvernement extrêmement contesté et un chef d’état très impopulaire. Un gouvernement faible d’un état en faillite qui est maintenu artificiellement au pouvoir par la présence d’une armée internationale onusienne. Un chef d’état qu’un mouvement politique aidé par les dirigeants de cette armée multinationale onusienne ont catapulté au pouvoir à l’encontre des prescrits de la constitution. Mais qui au pouvoir, malgré ses efforts, n’a pas su, ni n’a pas pu récupérer ce mouvement, pour en faire sa base politique et ancrer son pouvoir. Ayant contribué à l’interpellation et à la censure de Jacques Edouard Alexis, incapable à la quatrième année de son second et dernier mandat, de se doter d’une base politique ou d’un parti politique qui lui soit propre, il a été forcé de se rabattre à nouveau sur le même model, la formation d’un autre mouvement politique, Unité, en corrompant des autorités élus et des dirigeants de partis impliqués dans son gouvernement. La corruption restant et demeurant l’unique moyen qu’utilise Préval pour opérer politiquement, ce gouvernement formé d’éléments disparates ne disposant, d’aucun programme, d’aucun plan directeur, d’aucune plateforme, est incapable de sortir le pays de son état de faillite. L’inefficacité et l’incompétence manifeste du gouvernement de Préval reste et demeure un carcan pour le pays, avant, pendant et après le cataclysme. On peut constater que dans le contexte post-séisme, que son gouvernement n’a jamais pu être en charge de la situation et encore moins assumer le leadership de la nation. C’est le président du pays voisin qui de fait organise et préside les réunions internationales importantes tenues en Dominicanie, sur la problématique haïtienne avant et après le cataclysme. Il vient de se procurer un nouveau proxy au sein de la CARICOM, l’ex-premier ministre de la Jamaïque, P.J. Patterson. On a été témoin d’un fait inédit et remarquable après le cataclysme. Le président français a promis de rembourser au président de la Dominicanie jusqu’à concurrence de 70 millions d’euros, les dépenses qu’il aurait faites pour le support d’Haïti. Mise à part la délégation de responsabilités aux leaders des pays voisins, on constate aussi dans les faits qu’il n’y a aucune phase de la reconstruction « the only game in town » qui relève directement de ce gouvernement. C’est une situation paradoxale, où on a un chef d’état démissionnaire dans les faits, mais qui en réalité s’accroche obstinément au pouvoir et préconise la continuité.

Les contestations qui s’expriment intensément depuis des temps à travers les médias tant en Haïti qu’en Diaspora et qui viennent de faire un saut qualitatif pour se transformer en en actions politiques, en manifestations à travers le pays, sont dues à une perte totale de confiance dans la capacité de Préval et de son gouvernement de faire des élections démocratiques. Après avoir confisqué manifestement les élections par fraude et irrégularité pendant 12 ans, d’avril 1997 à juin 2009. En 2010 à la fin de son ultime et dernier mandat présidentiel, Préval s’est octroyé à la fois les pleins pouvoirs et la prolongation de son mandat présidentiel. Voilà où Préval a franchi à la fois le seuil de non-retour et le seuil de tolérance d’un peuple, certes à bout de souffle et aux abois, mais pas abruti au point pour ne pas percevoir la menace et réagir au danger de la continuité.

On est certes convaincu du fait que pour se choisir de nouveaux dirigeants, changer de régime, opter pour la modernité, refonder l’Etat, les élections sont absolument incontournables. Mais il est aussi absolument impossible de convaincre un peuple qui a vu dans les faits ses espoirs et ses intérêts constamment piétinés et bafoués délibérément par un chef d’état, de s’en remettre forcément à lui pour garantir son avenir en organisant des élections où l’alternance démocratique sera assurément réprimée par la fraude et l’irrégularité au profit de la continuité.

Il est évident que l’internationale ne peut pas s’opposer à une déclaration d’intention de faire des élections, un acte de souveraineté. Et pour les mêmes raisons, l’internationale peut-elle entreprendre de les gérer. Cependant s’abstenir de les financer ne constitue en aucun cas, un acte d’ingérence. N’y a-t-il pas des signes dont il faut en tenir compte ? Des 25 millions de dollars qui devaient financer les élections du 28 février 2010, Prévale n’en avait pas reçu un centime, jusqu’au 12 janvier 2010 à 4 : 55 heures PM. Madame Sarkozy, sans excuse, ni justification, a refusé de recevoir Madame Préval, au moment où Prévale a sollicité et reçu la prolongation de son mandat présidentiel. Le 18 mai 2010 aucun membre du corps diplomatique n’a assisté aux cérémonies à l’Arcahaie. Il y a-t-il encore une chance pour Prévale de se trouver cette fois-ci un complice ? Le 26 avril, Préval a sollicité du Brésil le financement des élections. Cette demande est restée jusqu’à présent sans réponse. Alors que le financement des élections soit jusqu’à présent aléatoire, n’est pas futile d’insister sur des élections avec un nouveau CEP ?

Il y a aussi ceux qui de bonne foi, persistent à croire qu’ils peuvent négocier le CEP avec un chef d’état qui détient et est prêt à exercer les pleins pouvoirs. Ceux qui pensent, qu’enlever le contrôle du CEP à Préval soit la solution euristique. Ils sous-estiment la prépondérance formidable et irrésistible de l’ensemble des atouts que possède et exerce Préval. L’omnipotence présidentielle, le contrôle de la caisse publique, le contrôle de la machine étatique et les pleins pouvoirs, dans un pays maintenu volontairement dans l’ignorance, dans la pauvreté, dans la corruption et sous la pression constante de l’internalisation de la peur. L’effet pendulaire allant d’un extrême à l’autre au sein du régime populiste, a forcé et maintenu le pays pendant 53 ans sous la férule asphyxiante et éreintante de gouvernements rétrogrades et répressifs. Toutes les élections qui ont eu lieu au cours de cette période, ont-elles vraiment offert la possibilité d’alternance démocratique ? N’ont-elles pas contribué intentionnellement au maintien du statu quo ? Celles du 7 février 2006, en particulier, après le renversement du régime lavalas, n’ont-elles pas contribué manifestement, pas au maintien du statu quo, mais pire au retour au statu quo ante ? Nonobstant les divisions a sein de lavalas, Préval n’a-t-il pas été en réalité le 1er premier ministre, le 2e et le 4e président du régime lavalas ? Quel secteur a voté pour son retour au pouvoir ?

Certes, si on a fait ce saut qualitatif pour passer de l’acte politique à l’action politique, d’expressions plus convaincantes, des manifestations populaires organisées à travers les grandes villes de la République, inclus la capitale. Si la raison fondamentale qui sous-tend cette mobilisation nationale, soit l’absence totale de confiance dans la capacité de Préval et de son gouvernement de faire des élections démocratiques, libres, honnêtes et crédibles qui offrent en vérité la possibilité d’alternance démocratique. Si pour des besoins de motivation à la participation d’un secteur, on y a introduit à tort ou à raison une obsession qui relève uniquement du culte de la personnalité. Ce supplément de motivation est en train de créer des difficultés quant à la cohésion et à l’unité du message et de la mobilisation. Certes, le culte de la personnalité comblant avantageusement la carence doctrinale et idéologique de ce secteur, il est néanmoins un handicape à l’unité de la cause fondamentale, le refus qu’il y ait encore en Haïti des élections organisées sous Préval ! L’unité et la cohésion du message, sont les éléments catalyseurs qui doivent faciliter l’émergence d’une mobilisation nationale unitaire ralliant tous les secteurs ! Dans ces circonstances où le danger est collectif, et affecte l’intérêt national ; Il ne peut y avoir d’intérêt de chapelle supplantant l’intérêt collectif ! Cela ne fait aucun sens !

C’est de fait la cohésion de l’expression et surtout du message lui-même qui reflétera la cohérence de cette mobilisation à vocation nationale. C’est alors et alors seulement que les leaders de la mobilisation nationale feront le saut qualitatif pour devenir des interlocuteurs valables dans le dialogue politique, par la clarté et la légitimité de la cause qu’ils défendent ! Il faut à tous prix enlever à Préval et à Bellerive le monopole du rôle d’interlocuteur national ! Si non, on demeure éternellement des contestateurs que l’on ignore, mais pas des interlocuteurs avec qui on maintient le dialogue ! On demeure éternellement des révoltés, mais pas des révolutionnaires ! On peut avoir des velléités, certes. Mais, il faut se rappeler qu’on ne se déclare pas révolutionnaire. On ne devient révolutionnaire qu’après avoir, dans les faits et en vérité, opéré le changement. Si non, on demeure des bavards sonores !








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