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Un monstre à deux têtes - Par : Jean Erich René

jeudi 12 février 2009 par Erich Jean René

Un monstre à deux têtes - Par : Jean Erich René

Le mandat, très tard venu, de l’ex Président Jean Bertrand Aristide
habilitant Maryse Narcisse à prendre charge de la direction du Parti
Lavalas, soulève notre scepticisme tout en justifiant les mesures prises
par le CEP pour les motifs suivants :

1. Une nomination au sein d’un Parti Politique ne peut être un secret ni
l’objet d’une correspondance intime entre deux partenaires clandestins.
2. Maryse Narcisse est coupable de n’avoir pas mis, les adeptes, les
partisans et les adhérents et la nation, au courant d’un pli aussi
important, daté du 17 avril 2004.
3. Rudy Hériveaux par sa place dans la hiérarchie lavalassienne ne saurait
ignorer l’existence d’un tel courrier.
4. Qu’est-ce que Maryse Narcisse a entrepris depuis qu’elle a reçu son
mandat ? Si elle a passé 4 ans sans rien faire, elle n’a pas non plus
l’autorité pour revendiquer quoi que ce soit. De quel chef elle adresse sa
requête ?
5. L’anachronisme du mandat de Maryse Narcisse entame sa crédibilité. Ce
différé en sourdine sonne faux et envenime le conflit au sein de Lavalas.
D’ores et déjà, elle n’a pas les coudées franches pour conduire
sécuritairement la barque.
6. Une telle procuration met en relief le coté frondeur et dictateur de
Jean Bertrand Aristide qui décide toujours dans l’ombre, sans tenir compte
de l’avis des autres.
7. Un Parti Politique est un bien purement collectif c’est-à-dire
n’appartient à personne. Chacun apporte volontairement sa pierre à sa
construction.
8. Jean Bertrand Aristide ne peut pas gérer le Parti Lavalas comme son bien
personnel pour le donner ensuite en héritage à qui bon lui semble.
9. Un Parti politique apprend aux électeurs à faire l’apprentissage de la
démocratie en les invitant à prendre les décisions importantes par la voie
du scrutin.
10. Jean Bertrand Aristide a laissé Haïti depuis le 29 février 2004, tout
laisse croire qu’aucune élection n’a jamais eu lieu. Comme Secrétaire
Général à vie il dirige à distance par remote control.
11. On ne va pas aux élections comme au moulin. Les fiches d’inscription
des candidats doivent être endossées par le Secrétaire Général du Parti
qui, jusqu’à présent n’est pas Maryse Narcisse.

Par son comportement égocentrique Jean Bertrand Aristide a scindé son Parti
en deux morceaux en créant un quiproquo sur le statut des candidats issus
de sa formation politique. Les mêmes sièges sont convoités par deux
prétendants différents. Seul le CEP constitutionnellement détient
l’autorité pour couper le nœud gordien. Sa mesure n’est pas exclusive mais
administrative.

Que les Ambassades américaines, canadiennes, françaises et la Minustah se
ravisent. Vaut mieux inviter les candidats de Lavalas à respecter la
discipline dans les rangs de leur Parti. Une gangrène généralisée est
diagnostiquée de la tête au pied chez La Fanmi Lavalas agonisante. Toutes
les données concourent à l’assimiler à une meute de chiens enragés aboyant
sans cesse depuis 1991 afin de tout obtenir par la violence.

L’exclusion en bloc du Parti Lavalas des élections du 19 avril 2009
s’explique par le défaut de signature du Chef du Parti en exil pour
justifier l’identité de leurs pièces. C’est une formalité courante et sans
exclusive. Aristide saute sur l’occasion pour jouer, comme à l’ordinaire à
la victimisation afin de mettre le pays à feu et à sang. En brandissant
l’étendard d’une hypothétique exclusion étayée par les préjugés de
fortune, de classe, de couleur etc. comme par le passé, Aristide compte
renverser tous les interdits et s’emparer des urnes. C’est dans le chaos
qu’il puise ordinairement sa force. Mais dans ses calculs machiavéliques
deux vérités lui échappent.

1. Il a en face de lui son alter ego, habitué à ses jeux machiavéliques et
bien imbu des thérapeutiques correspondantes.
2. René Préval connaît bien les chimères et les chimères le connaissent.

Le Père Lebrun est en train de leurrer ses partisans en annonçant vainement
son retour. Mais il sait très bien qu’il ne peut pas traverser l’Europe ni
l’Amérique. De plus le cartel colombien de Cali l’attend de pied ferme pour
avoir livré ses membres à la DEA. Toute trahison est mortelle ! Oriel Jean
est en liberté !Qui va assurer sa sécurité en Haïti ?

Maryse Narcisse, détentrice d’un mandat vrai ou faux, doit éviter de
sombrer dans le narcissisme politique coutumier de Jean Bertrand Aristide
qui se prend pour le nombril du monde. Elle doit faire preuve d’un esprit
de dépassement de soi et d’organisation pour recoller les deux fractions de
Lavalas à l’article de la mort. Elle n’a pas le droit de cacher dans son
soutien-gorge un mandat délivré par Aristide depuis le 17 avril 2004 pour
l’exhiber après le refus des candidats de sa branche. Selon la perspective
de Wicksell, le processus politique n’est satisfaisant que s’il respecte
le principe de l’unanimité comme sur le marché concurrentiel. Il est
inconcevable de minimiser l’importance des membres du Parti en les
maintenant d’un côté à l’écart d’une décision aussi importante du leader et
de l’autre côté les inviter à voter.

Les Partis politiques sont des instruments nécessaires et indispensables à
toute démocratie représentative. Il faut une vision institutionnelle du
processus décisionnel. La distance qui sépare Jean Bertrand Aristide de la
scène politique est paralysante. Toute sclérose a pour effet le blocage et
l’éclatement du Parti. Les membres ne sont ni des acheteurs ni des
vendeurs. Ils s’engagement librement en faveur d’un candidat, au nom de
leurs droits de vote. Ils ont le privilège de se réunir en assemblée
générale pour contester une décision politique et choisir un autre leader.
En attendant le règlement du conflit interlavalassien qui ne saurait
bloquer la machine électorale, la décision du CEP est constitutionnellement
correcte et administrativement irréversible. Lavalas, un monstre à deux
têtes, ne peut plus effrayer personne par ses grimaces. Peau pour peau, il
a reçu la monnaie de sa pièce.








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