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Valentin Abe, entrepreneur de l’année - par : Roberson Alphonse

jeudi 15 décembre 2011 par Administrator

8 prix. Et, comme l’année dernière, un seul grand gagnant : le Dr Valentin Abé. La Digicel scrute, inspire, sort de l’ombre, force, propose. Récit du gala 2011 pour honorer les entrepreneurs dont les initiatives ont un grand impact dans leur communauté.

Haïti : 19 heures 22. Le ciel gorgé de nuages menace. Mais il ne crache pas sur la cour de l’hôtel Karibe. Les arbres, couleur émeraude, semblent s’incliner devant le charme des jolies dames et l’entregent des gentlemen tirés à quatre épingles, invités au gala où les gagnants des six catégories du concours entrepreneurs Digicel 2011 seront connus.

Suspense léger. Le temps glisse. Lentement. L’arôme des plantes rivalise avec les « parfums lourds » vendus à Paris, à Manhattan, au Complexe Promenade, à Pétion-Ville. Les bruissements des conversations se mêlent à un yanvalou exécuté par dans tambourineurs « chevauchés » » par Ogou Feraille. Energie. Mysticisme. Terroir. Lakay.

Courte Robe noire,lunettes sur le nez, cheveux ras, Sandra Rabrun, maitresse de cérémonie, entre en scène. Tout l’arsenal de la production audiovisuelle s’active autour de cette gracieuse animatrice aux talents confirmés qui, semaines après semaines, faisait découvrir à la télé des entrepreneurs des 10 départements dont les initiatives changent la vie d’habitants de leur communauté. Comme Le Nouvelliste le faisait dans ses pages.

« C’est leur jour. Ils peuvent être fiers », glisse un homme d’affaires, les yeux rivés sur le majestueux escalier du Karibe descendu par les 24 finalistes sur fond d’applaudissements. Le président Michel Joseph Martelly, invité d’honneur, sourire enjoué, emprunte, avec son épouse, la première dame Sophia Martelly et le patron de Digicel, Denis O’Brien un escalier parallèle pour rejoindre sa table. Découverte. Les histoires des finalistes de la catégorie émergent projetées sur deux écrans géants inspirent. Le public boit. Totalement. Premier suspense, premiere frisson. Olivier Barreau, patron de la AIC, partenaire de l’événement, esquisse le portrait du gagnant. On comprend vite qu’il s’agit de Phélicia Dell. L’assistance exulte. L’émotion gagne la designer de « Vèvè Collection ». Elle la communique. Sanglot dans la voix, elle remercie. Situe. « C’est le prix du peuple haïtien », lâche-t-elle, sure que son rêve de faire la une de Ticket Magazine sera enfin réalisé.

Le Dr Valentin Abé (Caribbean Harvest), gagnant dans la catégorie agriculture, crâne rasé, lunettes, remercie les 9 juges. Son plaidoyer pour donner une « chance » à Haïti émeut. Le spécialiste en pisciculture se fixe de nouveaux objectifs avec ses associés : qu’Haïti soit le plus grand producteur de poissons dans la région.
L’émotion retombe, le vent soufle et défait quelques coiffures. Et les Petits chanteurs de Ste-Trinité interprètent une composition racontant la misère des enfants d’Haïti.

La transition.Un passionné de l’éduction, Guy Etienne de l’école Catts Pressoir est primé dans sa catégorie. « Le succès, c’est l’autorisation de continuer », confie le professeur Guy Etienne, responsable de cet établissement scolaire modèle dont la pédagogie éveille l’intelligence des enfants.

24 ans et de l’intelligence à en revendre : transformer les fatras en cash. C’est l’initiative de « Enviromental Cleaning solutions SA » de Edouard Carrié qui rêve d’un pays plus propre. « C’est juste un début. On a du fatras, beaucoup de fatras », lâche sur une pointe d’humour ce jeune entrepreneur qui encourage les jeunes comme lui à ne pas abandonner leur rêve. Les échos des bambous, des tambours du rara de Jean René Delsoin résonnaient encore dans les tympans quand, Yves François de YCF Group SA, rend hommage. Son trophée dans la catégorie Industrie, Yves François, le dédie aux ouvriers de la construction.

« Il faut vous prendre au sérieux », lance cet américain d’origine haïtienne, découragé par tout le monde quand il s’apprêtait à retourner en Haïti. Si Yves François force ses ouvriers à avoir foi dans les petits métiers de la construction, Johnny Cétoute, créatif, offre à Hinche, dans le Plateau central, des crédits aux petits bourses (Ekonomi Ti machan et multiservices) qui n’ont pas de collatéral pour garantir un prêt. Ce prix obtenu dans la catégorie service, signifie, selon Cétoute, qu’il faut briser les barrières de classe. « Tout moun n se moun n », jette, sans arrogance, ce jeune homme d’affaires, l’un des exemples marquant qui correspond au message préenregistré délivré par l’ex-président américain, Bill Clinton, défenseur des PME, grandes fournisseuses d’emplois. « L’histoire de ces entrepreneurs est la preuve que l’on peut créer des entreprises et générer des emplois », soutient Clinton, quelques minutes avant que le Prix spécial pour reconnaitre une femme d’affaires de la communauté ne soit décerné à une battante : Marilia Charlestin.

Féministe croyant dans le travail comme outil d’émancipation et d’autonomie des femmes haïtiennes, elle remercie avec sincérité. Un sentiment qui sortait des pores et du discours du président Michel Joseph Martelly. Il est important de s’arrêter pour reconnaitre le travail important réalisé par ceux qui sont honorés ce soir, explique le président Martelly, reconnaissant à l’égard de la compagnie Digicicel (reconstruction marché en fer entre-autres actions) dont le patron, Denis O’Brien, exprime un attachement indéfectible à Haïti.

« A travers Haïti, la force entrepreneuriale se renforce. Elle ouvre les portes de l’opportunité. Elle entraine le progrès économique et inspire confiance et succès dans le pays », selon Denis O’Brien qui croit aussi « qu’un groupe d’entrepreneurs qui travaillent ensemble a le pouvoir de changer un pays »

Suspense. Sandra Rabrun revient. Elle annonce le gagnant des gagants. L’honneur de le dévoiler revient à Denis O’Brien qui confie cette tâche au chef de l’Etat, Michel Joseph Martelly. Les indices du profil ne révèlent rien. Pas grand chose tout au moins avant que le président ne cite le nom du Dr Valentin Abé, entrepreneur digicel 2011. Ce prix est une inspiration pour d’autres entrepreneurs, croit M. Abé. « Haïti a besoin d’une chance », répète-t-il, prenant le contrepied du discours à la mode : Haïti is open now for business. « Haïti a toujours été ouvert pour les affaires »,indique Valentin Abé, applaudit débout par l’assistance avant d’être couvert de confettis rouge et blanc.

" Il y a de quoi être fier d’être entrepreneur après une si belle cérémonie", s’est réjouit Frantz Duval, rédacteur en chef du journal Le Nouvelliste, l’un des médias, avec la TNH, à être partenaire du concours depuis son lancement.

" Le Nouvelliste va continuer à rendre visible les entrepreuneurs pendant un an pour en faire de tous des gagnants",lâche-t-il avant de se fondre dans la foule où montent des propos élogieux envers la Digicel et son concours pour les oubliés que sont, en Haïti, les entrepreneurs, plus souvent cachés que dans la lumière.

« Ce concours est une grande source d’inspiration », reconnait Emmanuel, 27 ans, ingénieur en informatique, le pas décidé vers le buffet. Reprendre des forces, après le cocktail, la partie officielle du gala était importante car les tambours de RAM résonnent jusque tard dans la soirée qui couronne ce concours supportée par AIC, Coles Group, Deka Group, Groupe Jean Vorbe, Mercy Corps et la Sogebank...

Roberson Alphonse








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